Dans cette ville de banlieue parisienne, un maire augmente son indemnité de 173 %
À peine installé dans ses fonctions, Nicolas Naudet ravive instantanément le débat épineux sur la rémunération des élus et la gestion de l'argent public local. Cette revalorisation financière (d'apparence) impressionnante interroge directement les contribuables soiséens sur l'utilisation de leurs impôts, surtout face aux nécessités quotidiennes de la commune.
Un premier conseil municipal marqué par un vote polémique
Le 2 avril 2026, lors du tout premier conseil municipal de la mandature suivant le scrutin de mars, Nicolas Naudet a soumis au vote une délibération fixant ses propres indemnités de fonction. Ce document administratif a officialisé une augmentation massive des revenus de l'élu. L'indemnité du premier magistrat de la ville bondit ainsi de 1 500 euros, montant perçu précédemment en fin de mandat par son prédécesseur, à 4 000 euros mensuels.
Cette évolution représente une hausse de 173 %. Face aux vives critiques, le maire a rapidement défendu sa position publique. Selon un article publié par le média local LeSoiseen.info le 6 avril 2026, l'élu justifie ce choix comptable par sa volonté d'arrêter définitivement son activité salariée. Il affirme vouloir se "consacrer à la mairie en échange d'une plus forte indemnité de fonction."
Cadre légal et liberté de manœuvre des conseils municipaux
Cette décision politique s'inscrit dans un contexte législatif récemment modifié par l'État. La loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025, portant création d'un statut de l'élu local, a officiellement revalorisé les plafonds indemnitaires pour les communes de moins de 20 000 habitants. L'intention des parlementaires est de soutenir l'engagement citoyen face aux lourdes responsabilités pesant sur les maires.
Cependant, le barème officiel pose une véritable question d'échelle. Pour une ville de la strate de Soisy-sous-Montmorency, qui compte moins de 19 000 à au dernier recensement de 2023, l’indemnité brute maximale de base fixée au 1er janvier 2026 s'élève à 2 778,71 euros, rapporte le portail gouvernemental collectivites-locales.gouv.fr.
Pour atteindre la somme de 4 000 euros, la municipalité a dû activer des subtilités légales. Elle s'appuie sur des majorations prévues pour les communes chefs-lieux ou classées stations de tourisme (car mitoyenne de la ville d'Enghien-les-Bains). Surtout, la majorité a procédé à une forte modulation de l'enveloppe globale allouée à l'ensemble de l'exécutif, une pratique autorisée par la préfecture tant que le plafond financier total n'est pas franchi.
Tensions budgétaires et malaise démocratique local
Dans les rangs de l'opposition municipale, l'incompréhension domine. Cette mesure ravive le souvenir des vives polémiques entourant les frais de mandat de l'ancien maire, Luc Strehaiano. Toujours selon LeSoiseen.info, les adversaires estiment amèrement que "Nicolas Naudet avait promis d'être un maire qui symbolise le changement... Il vient finalement nous démontrer qu'il est l'exact continuité de l'équipe précédente."
L'impact financier pour la commune inquiète également de nombreux observateurs de la vie locale. D'après le budget primitif 2025 de la ville, les charges de gestion courante, qui incluent la paie des élus, atteignaient déjà 1,84 million d'euros annuels. Les dépenses réelles de fonctionnement par habitant s'élevaient à 1 341 euros à Soisy, bien au-dessus de la moyenne nationale évaluée à 1 203 euros pour cette même strate.
Les contribuables locaux redoutent désormais une augmentation mécanique de leur taxe foncière, craignant ouvertement que les dépenses de l'exécutif ne priment sur les investissements urgents destinés aux écoles, à la voirie ou à la sécurité de la ville.
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