Sexisme en politique : pourquoi la remarque de Bally Bagayoko fragilise à nouveau LFI
Cet incident survenu en plein conseil municipal relance les débats sur la sincérité des valeurs féministes défendues par La France Insoumise. Face à un comportement perçu comme méprisant, le mouvement de gauche se retrouve contraint de justifier les actions d'une de ses figures locales. Élu récemment, l'édile dionysien s'installe au cœur d'une controverse qui dépasse largement les frontières de sa commune.
Une remarque déplacée qui embrase le conseil municipal de Saint-Denis
Le 25 juin 2026, l'ambiance a rapidement basculé lors de la séance municipale. Selon les détails rapportés par Info.fr, un accrochage tendu a opposé le maire LFI Bally Bagayoko à Katy Bontinck, conseillère municipale d'opposition étiquetée au Parti socialiste. Alors que cette élue insistait pour prendre la parole après la clôture d'un débat formel, l'édile a imposé une fin de non-recevoir particulièrement autoritaire en ciblant son physique. Perdant visiblement son sang-froid, il a lâché : « Parce que vous avez un joli sourire, éteignez maintenant le micro s'il vous plaît ». Une phrase répétée à plusieurs reprises devant une assemblée frappée de stupeur, précise le média Info.fr.
La réaction de l'élue ciblée ne s'est pas fait attendre. Dénonçant une manœuvre pour la réduire à sa seule apparence physique et l'évincer du débat démocratique, Katy Bontinck a répliqué avec fermeté. « D’accord, donc une femme, soit on lui dit qu’elle a un beau sourire, soit on l’engueule, c’est ça ? », s'est-elle insurgée séance tenante, indique le blog PaSiDupes.
Ce nouvel esclandre accentue la pression pesant sur l'édile, élu le 15 mars 2026 avec 50,77 % des suffrages au premier tour. Le maire de Saint-Denis se trouvait déjà sous le feu des critiques, souligne L'info au quotidien, pour des sorties récentes concernant le droit de siffler la Marseillaise ou ses appels récurrents à l'insurrection populaire.
Un nouveau coup dur pour le féminisme de La France Insoumise
L'affaire dionysienne prend désormais une envergure nationale pour la formation politique. Elle illustre un fossé persistant entre la lutte affichée contre les violences sexistes et sexuelles et les agissements réels de certains cadres. Le parti avait pourtant fait de cet engagement un pilier de son identité en créant un Comité de suivi dédié. Ces dérives relancent le spectre de dossiers épineux, de la gestion du cas Adrien Quatennens à l'exclusion du député Hugo Prevost le 8 octobre 2024 suite à une enquête pour des faits sexuels graves.
Cette succession de polémiques liées au sexisme ordinaire entame profondément le crédit moral du mouvement. En omettant de sanctionner immédiatement ces propos tenus en séance publique, LFI s'expose aux accusations d'hypocrisie de la part de son électorat progressiste. Les observateurs redoutent un impact négatif sur les futures alliances à gauche dans la perspective des prochaines échéances électorales.
Considéré comme un visage prometteur pour l'horizon 2027, Bally Bagayoko voit sa position fragilisée au sein d'une ville de 149 000 habitants. Son attitude, qualifiée de dominatrice et machiste par L'info au quotidien, torpille la stratégie de respectabilité institutionnelle que le mouvement s'efforce de bâtir. Reste à savoir si le Comité de suivi contre les violences sexistes du parti osera se saisir de ce dossier public ou si les autorités administratives rappelleront l'édile à l'ordre.
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