Plusieurs signes auraient pu permettre de deviner, sans guère douter, de la future démission de Gérard Collomb. Parmi eux, des propos tenus d'abord en off au cours d'un repas à son ministère.
AFP

Gérard Collomb se lâche à table contre le gouvernement et...

Gérard Collomb aime visiblement tailler bavette tout en donnant des bons coups de fourchette. C’est en tout cas ce que raconte La Depêche dans un article où la publication du off a été autorisée. La discussion qui se tient entre le ministre de l’Intérieur et quelques journalistes s’est dérouléde le 6 septembre en amont de l’annonce de sa future démission pour cause de municipales. En revanche, elle a lieu peu après que l’ex-édile Lyonnais ait eu cette petite phrase sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin : "Peut-être, les uns ou les autres, nous avons manqué d'humilité".

Le repas avec les journalistes sera du même acabit et Gérard Collomb, s’il mâche très lentement ses aliments, prend moins de précautions quand il s’agit d’évoquer la macronie. Son bilan ? Positif. Le reste ? Pas toujours. "On n'a pas bien traité un certain nombre de problèmes comme l'accueil des mineurs isolés, les 80 km/heure", lance-t-il après avoir évoqué les relations tendus avec les territoires.

La critique est dure envers Emmanuel Macron, alors qu’au moment où il prononce ces mots Gérard Collomb est encore le numéro 2 du gouvernement.

Gérard Collomb dénonce le Paris contre province

"Le déjeuner file, Gérard Collomb ne semble pas pressé d'en finir", écrit La Depêche. Pour mieux en arriver au plat de résistance ?

Premier des macroniens, aucune hésitation dans son soutien au chef de l’Etat... Le soufflé semble pourtant retomber, et le ministre de l’Intérieur confie le sourire en coin : "Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir encore lui parler. Ceux qui parlent franchement à Macron sont ceux qui étaient là dès le début : Ferrand, Castaner, Griveaux et moi… D'ailleurs, il va finir par ne plus me supporter. Mais si tout le monde se prosterne devant lui, il finira par s'isoler, car par nature l'Élysée isole".

Quant au vocabulaire usité par Emmanuel Macron, là-encore l'ancien socialiste préfère la fourchette plutôt que le dos de la cuiller : "Les provinciaux, et j'en suis, ont déjà une tendance naturelle à considérer que les Parisiens ont la grosse tête et les snobent, or des expressions comme la nouvelle grammaire de la politique ou la start-up nation, ils ne s'y reconnaissent pas…"

Le menace est dite. Est-ce cela qui a motivé son souhait de retrouver ses terres lyonnaises ? Dans tous les cas, Gérard Collomb n’a guère apprécié le scandale entourant l’affaire Benalla, un 'type [qui] se prend pour un seigneur" Il estime d’ailleurs que c’est cette affaire qui plonge la cote de popularité d’Emmanuel Macron dans des affres hollandistes. "il reproche à Emmanuel Macron de ne "pas être monté au créneau plus tôt" [dans l'affaire Benalla]"", écrit même La Depêche qui parle de "divorce consommé".

Gérard Collomb n’a visiblement pas l’intention de se battre pour la garde des enfants.

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