Éric Dupond-Moretti place LFI face à ses responsabilités après le lynchage de Quentin à Lyon
Le décès de cet étudiant de 23 ans, lynché en marge d’une conférence politique, secoue le pays à quelques semaines des élections municipales. Tandis que l’enquête avance rapidement, la tragédie a basculé sur le terrain politique avec une charge d’une rare violence contre le parti de Jean-Luc Mélenchon, accusé d'avoir laissé prospérer la violence.
Une agression d'une violence inouïe
Les faits se sont déroulés le 12 février dernier dans le 7e arrondissement de Lyon. Quentin Deranque a été violemment pris à partie par un groupe d'individus masqués alors qu'il se trouvait à proximité d'une conférence tenue par Rima Hassan.
Selon les premiers éléments rapportés par Le Figaro, le jeune homme a été roué de coups avant d'être abandonné dans un état critique sur la voie publique. Son décès, survenu le 14 février des suites d'un traumatisme crânien irréversible, a provoqué une onde de choc nationale, marquée par une minute de silence observée à l'Assemblée nationale le 17 février.
Sur le plan judiciaire, les investigations progressent. Le parquet de Lyon a confirmé l'interpellation de onze personnes, dont six sont soupçonnées d'avoir participé directement au lynchage sous la qualification de « meurtre en bande organisée ». D'après L'Express, plusieurs mis en cause gravitent autour de la mouvance « antifa » et de la « Jeune Garde ». Ce groupe, pourtant dissous par décret en juin 2025, semble avoir maintenu des réseaux actifs dans la capitale des Gaules.
Des liens politiques controversés
Face à ces éléments, Éric Dupond-Moretti n'a pas mâché ses mots. L'ancien garde des Sceaux estime que La France insoumise porte une « responsabilité morale » dans ce passage à l'acte. Il accuse le mouvement de nourrir un climat délétère par ses discours et ses alliances. Ce qui cristallise les tensions, c'est le profil spécifique de certains suspects.
Comme le rapporte Le Point, l'un des individus interpellés est identifié comme un ancien collaborateur du député LFI Raphaël Arnault. Pour Éric Dupond-Moretti, cette proximité n'est pas anodine. Il dénonce une dérive où le mouvement de Jean-Luc Mélenchon « romantise » l'affrontement de rue, légitimant insidieusement la violence politique des groupuscules d'ultragauche. De son côté, Mathilde Panot a tenté d'éteindre l'incendie lors d'un point presse le 17 février, dénonçant une « instrumentalisation ignoble » tout en adressant ses condoléances à la famille de la victime.
La sécurité au cœur des municipales
Cette affaire percute de plein fouet la campagne des municipales, dont les dates sont fixées aux 15 et 22 mars 2026 par le ministère de l'Intérieur. À Lyon, ville déjà marquée par des tensions récurrentes entre extrêmes, la sécurité s'impose comme le thème central des débats.
La pression s'accentue sur La France insoumise, qui se retrouve isolée. Selon plusieurs analystes politiques cités par l'AFP, ses partenaires de gauche cherchent désormais à se distancier de cette polémique radioactive pour ne pas compromettre leurs chances locales.
Éric Dupond-Moretti appelle les électeurs à une « prise de conscience » face à ce qu'il décrit comme une menace directe pour le pacte républicain. Ce fait divers tragique pourrait lourdement peser dans les urnes, modifiant la dynamique électorale dans les grandes métropoles où la demande d'ordre se fait de plus en plus pressante.
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