Christian Estrosi réclame la dissolution de LFI : une offensive radicale au cœur de la campagne des municipales

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 25/02/2026
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Ce lundi 23 février, le maire de Nice a exigé la suspension des financements publics de La France Insoumise suite au meurtre d'un militant à Lyon, accusant le mouvement de liens troubles avec l'ultragauche.

Le climat politique se tend considérablement à l'approche du scrutin local de mars 2026. Alors que l'enquête sur la mort violente de Quentin Deranque se poursuit à Lyon, les répercussions atteignent désormais les instances nationales des partis. Le maire de Nice a choisi de porter une accusation gravissime contre le mouvement de Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de CNEWS, redéfinissant les lignes de la campagne électorale.

Une offensive déclenchée par le drame de Lyon

L'intervention de Christian Estrosi, ce lundi 23 février 2026, marque une rupture dans le débat public. Sur l'antenne de CNEWS, l'édile niçois a formulé une demande de sanctions immédiates contre La France Insoumise. Cette sortie médiatique intervient dans un contexte explosif : le décès de Quentin Deranque, un militant nationaliste de 23 ans. Agressé le 12 février à Lyon, le jeune homme a succombé à ses blessures deux jours plus tard, provoquant une onde de choc dans le pays.

Pour Christian Estrosi, les faits sont accablants. Il pointe ce qu'il qualifie de "complicité" entre LFI et l'ultragauche violente. Cette accusation s'appuie sur les révélations du Parquet de Lyon, relayées par Libération, indiquant que sept personnes ont été mises en examen pour homicide volontaire et complicité. 

Parmi les suspects figurent deux assistants parlementaires liés au député insoumis Raphaël Arnault. Selon Frontières Média, c'est cette connexion directe qui a poussé le maire de Nice à réclamer des comptes.

Un appel à la suspension des fonds et à la dissolution

L'attaque de l'ancien ministre ne se limite pas à une condamnation morale. Il exige une action administrative et financière de l'État. "Je demande au gouvernement de suspendre les financements de LFI tant que la lumière n'a pas été faite sur les liens entre la Jeune Garde et ce parti", a-t-il martelé sur CNEWS. Il place ainsi le ministre de l'Intérieur face à ses responsabilités, dénonçant un "laxisme" face aux groupements d'extrême gauche.

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Sur le plan juridique, Christian Estrosi invoque implicitement l'article L. 212-1 du Code de la sécurité intérieure. Ce texte permet la dissolution de tout groupement ou association qui provoque à des manifestations armées ou à des agissements violents. 

Si la dissolution d'un parti parlementaire reste une procédure complexe et inédite sous la Ve République, la demande vise à créer un précédent. L'objectif est de couper les vivres au mouvement, le financement public étant la principale ressource des formations politiques françaises.

Un tournant majeur pour les municipales de mars 2026

Cette offensive judiciaire et médiatique percute de plein fouet le calendrier électoral. À quelques semaines du premier tour des municipales, prévu les 15 et 22 mars 2026, Christian Estrosi tente d'imposer un "cordon sanitaire" autour de LFI. La stratégie est double : isoler la gauche radicale et forcer les potentiels alliés, notamment le Parti Socialiste et les Écologistes, à clarifier leur position.

L'impact pour l'électeur pourrait être significatif. En diabolisant LFI, la droite espère rallier les indécis effrayés par la violence politique, alors qu'une manifestation en hommage à la victime a rassemblé plus de 3 000 personnes à Lyon le 21 février, selon la Préfecture du Rhône.

De son côté, La France Insoumise rejette en bloc ces accusations. Le mouvement dénonce une "récupération politicienne" indécente et une "manœuvre électorale" destinée à masquer le bilan des sortants, niant toute responsabilité institutionnelle dans les événements tragiques de Lyon.

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