Accusation d'agression sexuelle contre Donald Trump : le témoignage choc 33 ans après les faits

Publié par Julien Pinardi
le 16/04/2026
Donald Trump
abacapress
© UPI/ABACA
Trente-trois ans après une rencontre traumatisante à New York, l'ancienne finaliste de Miss Suisse Béatrice Keul a choisi de rompre le silence et accuse Donald Trump d'agression sexuelle.

Ce nouveau témoignage s'ajoute à une longue série de procédures visant l'ancien président américain. En dévoilant les circonstances d'un rendez-vous new-yorkais qui aurait dégénéré, une ex-mannequin expose également l'atmosphère opaque entourant les concours de beauté de l'époque.

Le "piège" du Plaza Hotel : le récit d'une agression brutale

En novembre 1993, Béatrice Keul, alors âgée de 22 ans, se rend à New York pour participer, tous frais pris en charge, au concours "Donald J. Trump American Dream Beauty Pageant" comme elle le raconte dans les colonnes de Ouest-France du 14 avril dernier. "C’était une chance unique. À l’époque, en Suisse, on parlait de lui comme de Mister New York. Il avait une très bonne presse.

Apparemment charmé, l'actuel président l'invite à discuter à part. Déjà fidèle à lui-même, ce dernier l'appelait "'Miss Cool', car il ne parvenait pas à prononcer mon nom." Pensant simplement discuter autour d'une boisson chaude, la jeune femme est conduite dans une suite privée du Plaza Hotel. La situation dérape rapidement. "Je m'attendais à prendre le café avec lui, mais je n'ai pas eu le temps de me tourner, qu'il était déjà sur moi. Il me touchait partout et m'embrassait. À ce moment-là, j'ai cru que j'allais mourir", confiait-elle à la RTS en octobre 2024. 

Le souvenir de cette violence reste intact.  "Il m'a sauté dessus comme une bête sauvage", narre-t-elle à Ouest-France. Elle explique qu'il "utilisait la force. Il n’y avait plus de conversation, plus rien." Malgré ses cris, personne n'a réagi. Donald Trump lui aurait alors demandé de se taire. Elle dit s'être exécutée pour "sortir de là vivante" et "récupérer son passeport."

Le "Predator Land" : l'ombre de Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell

À l'époque, le concours de beauté est co-organisé par le magnat de l'immobilier et le financier Jeffrey Epstein. Béatrice Keul décrit un environnement oppressant où de très jeunes modèles gravitent autour de puissants hommes d'affaires. Elle relate notamment que Jeffrey Epstein a tenté de la séduire en se vantant de ses comptes bancaires et en proposant de lui présenter le prince Andrew

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Cette ambiance malsaine l'a profondément marquée : "Je me sentais comme Heidi propulsée dans Predator Land ", résumait-elle à la RTS. "J’avais l’expérience des Miss. Je pouvais comparer. Le côté sérieux, ce n’était pas tout à fait ça. Et puis il y avait beaucoup d’hommes autour de ce concours. Beaucoup trop" raconte à Ouest-France celle qui fait désormais partie du mouvement "Women against Trump." 

"Il avait invité ses copains à venir voir de jolies femmes. Je n’ai pas peur de le dire" lance-t-elle à nos confrères à propos de Donald Trump, quand ce genre d'évènements est normalement le rendez-vous de la presse et du milieu du mannequinat. 

La 28e femme : un combat contre l'impunité et le silence

En livrant son récit, la Suissesse devient la vingt-huitième femme à dénoncer publiquement le comportement de l'homme politique. Face aux dénégations systématiques du camp Trump, qui dénonce une manœuvre politique, elle tient à clarifier ses intentions : "Je suis Suisse, je suis neutre. Je ne connais aucun démocrate ni républicain " (RTS, 2024). Son but est de pousser d'autres victimes à sortir de l'isolement, qualifiant cette fameuse rencontre de "véritable piège" selon ses déclarations au Parisien.

Le déclic : une boîte d'archives oubliée pendant trois décennies

L'élément déclencheur de ces révélations est survenu lors d'un déménagement. Béatrice Keul a retrouvé un carton d'archives scellé depuis 1993, contenant ses billets d'avion et l'invitation manuscrite de Donald Trump. Après avoir tu ce lourd secret par honte durant sa carrière bancaire, elle envisage désormais des poursuites judiciaires, malgré la prescription de certains faits. "Le moment est venu de tout mettre sur la table, pour que de telles choses ne se reproduisent plus jamais", déclarait-elle à Blick en décembre 2025.

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