Des familles des victimes de Crans-Montana reçoivent des factures de 70 000 euros !

Publié par Matthieu Chauvin
le 22/04/2026
Bar Le Constellation
abacapress
L'envoi de factures médicales exorbitantes aux familles des victimes italiennes du drame de Crans-Montana déclenche la colère de Rome et ravive les tensions diplomatiques avec la Suisse.

Le 1er janvier 2026, l'incendie tragique du bar "Le Constellation" faisait 41 morts et 115 blessés, rappelle la RTS. Près de quatre mois après cette nuit cauchemardesque, une effarante bévue administrative vient rouvrir les blessures des proches endeuillés. La réception de frais d'hospitalisation inattendus par des ressortissants italiens provoque une onde de choc au plus haut sommet de l'État transalpin, nécessitant une réaction immédiate des instances cantonales helvétiques.

Un "choc" administratif pour les familles des victimes

Trois familles italiennes, lourdement frappées par l'incendie dévastateur du "Constellation", ont eu la douloureuse surprise de recevoir d'importantes factures émanant de l'hôpital de Sion, dans le Valais. Selon les informations rapportées par l'agence de presse ANSA, les montants exigés par l'établissement médical oscillent entre 17 000 et 66 800 francs suisses (soit environ 17 000 à plus de 73 000 euros).

Un cas précis illustre particulièrement cette dérive bureaucratique. La famille d'un adolescent de 16 ans, grièvement blessé lors du drame, a reçu une réclamation financière d'environ 75 000 euros. Cette somme faramineuse correspond à seulement quinze heures d'hospitalisation, avant que le jeune patient ne bénéficie d'un transfert sanitaire en urgence vers Milan.

Face à cette situation désolante, la Première ministre italienne est immédiatement montée au créneau pour défendre ses ressortissants. Sur ses réseaux sociaux, Giorgia Meloni a dénoncé le 21 avril 2026 cette gestion désastreuse. Elle fustige une "insulte, en plus d'une moquerie, qu'une bureaucratie inhumaine seule pouvait produire", ciblant directement le manque de tact des procédures hospitalières.

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Une erreur sur fond de relations diplomatiques déjà glaciales

Comment expliquer un tel envoi automatisé dans un dossier aussi sensible ? Le gouvernement valaisan plaide la stricte erreur technique. Le dossier des patients étrangers a été transmis automatiquement par les serveurs de l'hôpital à l'institution commune LAMal, l'organisme spécifiquement chargé de gérer les frais médicaux internationaux de la Suisse. Ce traitement informatisé aveugle a totalement ignoré l'engagement préalable et officiel du canton, qui promettait une prise en charge complète des rescapés.

Cet incident tombe au plus mal, car les relations bilatérales entre Berne et Rome demeurent extrêmement fragiles. L'ambassadeur d'Italie en Suisse, Gian Lorenzo Cornado, venait tout juste de reprendre ses fonctions le 7 avril 2026 dans la capitale helvétique.

Ce haut diplomate avait été rappelé à Rome par son gouvernement en janvier dernier. Ce geste de protestation rarissime n'était pas survenu depuis 2009, souligne le média SWI swissinfo.ch. L'Italie réagissait alors avec une immense colère à la libération sous conditions de Jacques Moretti, le propriétaire du bar incendié. Les autorités de la péninsule avaient alors qualifié cette décision judiciaire de "grave offense" envers la mémoire des nombreuses victimes italiennes.

Vers une mise au point le 24 avril

Pour éteindre ce nouvel incendie diplomatique, une rencontre déterminante se tiendra le 24 avril 2026 entre l'ambassadeur italien et les membres du gouvernement valaisan. Les autorités suisses souhaitent s'assurer personnellement qu'aucune relance financière automatique n'importunera d'autres familles encore meurtries par la tragédie.

Mathias Reynard, le président du gouvernement cantonal, a tenu à rassurer rapidement les proches des victimes. Dans un communiqué de presse formel publié le 21 avril 2026, le responsable politique affirme fermement que "les prestations médicales de l'hôpital du Valais ne sont pas à la charge des familles." Il garantit que ces montants imprévus seront intégralement couverts par les finances du canton du Valais ou, si la situation légale l'exige, directement par la Confédération suisse.

Sur le plan pratique, les victimes italiennes reçoivent des consignes très strictes de la part des autorités cantonales. Elles ne doivent en aucun cas régler ces factures et sont appelées à ignorer les lettres de recouvrement. Pour toute coordination ou aide administrative future, les familles doivent désormais se rapprocher exclusivement des centres d'aide aux victimes (LAVI), chargés de les protéger contre de telles errances.

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