Valentino : le couturier des stars d'Hollywood est mort à 93 ans

Publié par Matthieu Chauvin
le 20/01/2026
Boutique Valentino
Istock
Le couturier italien légendaire Valentino Garavani s'est éteint à 93 ans, laissant derrière lui un héritage de glamour absolu. De Jackie Kennedy Onassis à Julia Roberts, retour sur les confidences du maestro sur son rôle auprès des plus grandes icônes, l'origine de son célèbre "rouge Valentino", et l'impact de sa maison de couture.

La mode perd l'un de ses derniers empereurs. C'est dans la sérénité de sa résidence romaine que Valentino Clemente Ludovico Garavani, plus simplement connu sous le nom de Valentino, s'est éteint ce lundi 19 janvier, à l'âge de 93 ans. L'annonce a été faite par un communiqué officiel de sa fondation, plongeant l'industrie du luxe dans une profonde tristesse. Celui qui affirmait qu'"une femme doit faire tourner les têtes quand elle entre dans une pièce" laisse derrière lui un héritage stylistique inestimable, marqué par une élégance intemporelle qui a traversé les décennies sans prendre une ride.

Ce départ marque la fin d'une ère pour la haute couture italienne et internationale. Le "maestro", toujours bronzé et impeccablement coiffé, incarnait une certaine idée du glamour sophistiqué. Avant de s'interroger sur l'avenir de sa maison, il convient de se pencher sur l'empreinte indélébile qu'il a laissée sur le monde, sculptant l'allure des femmes les plus puissantes de la planète. 

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Comme l'a révélé le Midi Libre, ses obsèques auront lieu à Rome : "La chambre funéraire sera installée au PM23, Piazza Mignanelli 23 à Rome, mercredi 21 et jeudi 22 janvier, de 11 h 00 à 18 h 00. Ses funérailles auront lieu le vendredi 23 janvier à 11 h 00 dans la basilique Santa Maria degli Angeli e dei Martiri, Piazza della Repubblica 8 à Rome."

D'où vient la légende du "rouge Valentino" ?

Le couturier n'a jamais dérogé à sa définition de l'élégance. Sa philosophie était claire et tranchée. Relire les dernières confidences de Valentino Garavani sur les femmes permet de saisir son intransigeance : "Je sais ce que veulent les femmes. Elles veulent être belles." Il n'hésitait d'ailleurs pas à égratigner la mode décontractée, confiant sur RTL en 2007 être "vraiment désolé" de voir des femmes courir "en jogging et sans maquillage."

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Mais c'est véritablement l'histoire du "rouge Valentino" qui constitue le cœur de sa légende. Cette obsession chromatique lui est venue lors d'un voyage de jeunesse à Barcelone. Alors étudiant, il aperçoit à l'opéra une "femme aux cheveux gris, très belle, habillée de velours rouge." Ce fut une révélation. Pour le créateur, cette teinte est devenue une signature, car comme il l'expliquait : "Je crois qu'une femme habillée de rouge est toujours magnifique, elle est au milieu de la foule l'image parfaite de l'héroïne."

Comment a-t-il séduit Jackie Kennedy et Julia Roberts ?

Si le rouge était sa passion, c'est pourtant en blanc qu'il a signé l'un de ses coups d'éclat les plus mémorables. La robe de mariée créée pour Jackie Kennedy, portée lors de son union avec Aristote Onassis en 1968, reste un moment clé de l'histoire de la mode. Cette tenue ivoire courte, issue de sa "Collection blanche", marquait l'indépendance de l'ancienne Première dame. Fait surprenant, le couturier, pourtant ami proche de Jackie, ignorait tout de ce choix. "Je jure devant Dieu que je ne savais pas, je ne savais vraiment pas", avait-il confié au journal The Independent, apprenant la nouvelle en même temps que le grand public.

Plus récemment, c'est le lien entre Julia Roberts, sa robe aux Oscars et sa relation avec le créateur dont les confidences ont ému les passionnés de mode. En 2001, l'actrice reçoit son Oscar pour Erin Brockovich dans une robe vintage noire et blanche de la collection 1992. Pour le maestro, ce fut l'apothéose de 45 ans de carrière : "La personne qui m'a rendu très, très heureux était Julia Roberts. [...] J'étais vraiment tellement ému qu'elle apparaisse dans ma robe", avait-il déclaré, consacrant ce moment comme le plus heureux de sa vie professionnelle.

Qui partageait la vie de l'empereur de la mode ?

Derrière l'homme public se cachait une sphère intime protégée, où ses fidèles carlins (pugs) occupaient une place de choix, le suivant partout comme une garde rapprochée. Impossible également d'évoquer son succès sans parler du lien indéfectible entre Giancarlo Giammetti et Valentino Garavani, dont la vie privée et le parcours professionnel ont été intimement liés depuis l'ouverture de la maison à Rome en 1959. Giammetti fut son compagnon, son associé et le pilier sur lequel reposait l'empire.

Depuis l'annonce de sa disparition, les hommages des stars après le décès de Valentino affluent sur les réseaux sociaux. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a salué une "légende" dont l'héritage "continuera d'inspirer des générations." Donatella Versace, très émue, a évoqué la perte d'un "vrai maestro", tandis que Gwyneth Paltrow, cliente fidèle, résumait le sentiment général sur Instagram : "Cela ressemble à la fin d'une ère. Il va profondément nous manquer."

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