Sonia Mabrouk : elle revient sur son départ de Cnews et rend hommage à une légende des médias

Publié par Julien Pinardi
le 20/03/2026
Sonia Mabrouk
abacapress
© Berzane Nasser/ABACA
Après sa démission fracassante de CNews et Europe 1 en février 2026, Sonia Mabrouk prépare une arrivée tonitruante sur BFMTV, guidée par une éthique inébranlable et l'héritage de son mentor.

Sonia Mabrouk, figure emblématique du paysage médiatique français a créé une onde de choc en annonçant son départ de Cnews et d'Europe 1. Après treize années de bons et loyaux services, la journaliste a choisi de claquer la porte. Une décision mûrement réfléchie, nourrie par une actualité judiciaire brûlante et des principes personnels profonds.

Le séisme Cnews : une démission au nom de l'éthique

La rupture avec son ancienne maison s'est matérialisée en janvier 2026, suite à la condamnation définitive de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs. Le maintien à l'antenne de l'animateur a provoqué une profonde crise de conscience chez la présentatrice. Avant d'annoncer officiellement sa décision, elle s'est murée dans le silence pendant trois jours, éteignant ses téléphones pour réfléchir seule à la portée de son geste.

Cette introspection a abouti à une explication houleuse avec Serge Nedjar, directeur de la chaîne. Dans un communiqué officiel publié le 6 février 2026, la journaliste dévoile les tourments de cette période : "Je n'en dors plus la nuit." Une dépêche de l'AFP parue la même semaine évoquait une "altération certaine et effective de [sa] relation avec une partie de la direction." Sur ses réseaux sociaux, elle confirmait sa ligne de conduite intransigeante : "Hier, aujourd'hui, comme demain, ma boussole restera la préservation de l'intérêt des victimes."

La leçon de Jean-Pierre Elkabbach : "Une fleur et un blâme"

Pour traverser cette tempête médiatique, Sonia Mabrouk s'appuie sur les préceptes de son mentor historique, Jean-Pierre Elkabbach. Lancée en 2008 sur Public Sénat par Jean-Pierre Elkabbach, elle a gardé en mémoire une mise en garde récurrente du défunt journaliste sur la versatilité de la notoriété.

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Lors d'une émission de "La Grande Interview" dédiée à la mémoire de son père spirituel, elle rappelait d'ailleurs ce conseil : "Le public t'adore aujourd'hui, il te détestera demain. Ne t'habitue jamais à son amour, il ne fait que te prêter son attention." Cette maxime exigeante guide aujourd'hui son choix de privilégier sa crédibilité professionnelle plutôt que la sécurité d'un siège attitré. 

Dans un témoignage livré dans Paris Match, Sonia Mabrouk se souvient d'une autre phrase marquante du grand journaliste : "Jean-Pierre Elkabbach disait : 'Le public a toujours une fleur dans une main et un blâme dans l'autre'." Il s'était confié à elle suite à une interview : "Lors du débat de la primaire de la droite, en 2016, Bruno Le Maire s'est emporté face à une remarque ironique de Jean-Pierre Elkabbach sur le renouvellement de la classe politique. J'ai revu Jean-Pierre le lendemain matin pour un café. Il était peiné, abattu. Il m'a confié : 'J'ai fait une erreur, j'étais trop sûr de moi.' C'était une leçon : quelqu'un qui avait une telle aura et une telle carrière regrettait des mots maladroits. Les gens avaient réagi de manière sévère face à son comportement lors de l'émission" révèle la franco-tunisienne à nos confrères.

Les coulisses du transfert vers BFMTV

Son avenir s'écrit désormais chez le concurrent direct. Pour la saison 2026-2027, la présentatrice prendra les rênes des grandes interviews politiques sur BFMTV. Ce transfert stratégique s'aligne parfaitement avec son agenda personnel, coïncidant avec un retrait temporaire pour un second congé maternité, deux ans après la naissance de sa fille Soraya en 2024.

Ce recrutement de premier plan enchante l'ancien directeur de la chaîne d'information en continu. Relayé par Puremédias, Marc-Olivier Fogiel perçoit en elle « "la pugnacité nécessaire pour redynamiser les audiences face à CNews."

Une femme de convictions face à la "droitosphère"

Ce changement d'écurie s'accompagne de vives critiques de la part d'une frange de son public habituel, qui perçoit ce mouvement comme une trahison. Face à ces attaques, elle refuse de plier. Lors d'un entretien accordé à Libération en février 2026, elle affirme haut et fort son impossibilité de "cautionner" une situation contraire à ses valeurs morales.

En digne héritière d'Elkabbach, la journaliste encaisse les remous de la foule. Elle trace sa route avec la volonté de poursuivre une information "sans œillères ni allégeance", comme elle le théorisait déjà dans les pages de son essai Et si demain tout s'inversait. Une promesse d'indépendance qu'elle entend bien appliquer sur son nouveau plateau.

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