Cédric Jubillar : les révélations de ses avocats après ses aveux

Publié par Matthieu Chauvin
le 06/07/2026
Cédric Jubillar
abacapress
© Poitout Florian/ABACA
Ce lundi 6 juillet 2026, Cédric Jubillar a formellement avoué le meurtre de son épouse Delphine, bouleversant intégralement l'enquête judiciaire à l'aube de son procès en appel. Mais comment expliquer ce revirement ?

Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle le 17 octobre 2025 par la cour d'assises du Tarn, le peintre-plaquiste niait les faits d'une manière inflexible depuis de nombreuses années. L'annonce surprise de sa confession redessine l'intégralité du dossier. La justice, qui se préparait à juger de nouveau cette épineuse affaire, doit maintenant composer avec des déclarations inédites et relancer les investigations sur le terrain pour vérifier la crédibilité de ces nouveaux éléments.

La fin de cinq ans de dénégations par des aveux détaillés

Lors d'une conférence de presse particulièrement suivie ce lundi 6 juillet 2026 à 13 heures, les avocats de la défense ont officialisé une annonce inattendue. Selon les informations de l'AFP, Maîtres Pierre et Guy Debuisson ont transmis les confessions de leur client, initialement rédigées dans une lettre manuscrite depuis sa cellule. Cédric Jubillar reconnaît formellement avoir tué Delphine Jubillar dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.

L'accusé décrit un passage à l'acte impulsif, survenu lors d'une violente altercation conjugale. Le couple se trouvait alors en pleine procédure de séparation, une situation générant de fortes tensions au quotidien dans leur domicile de Cagnac-les-Mines.

Pour appuyer sa démarche de rédemption (il aurait exprimé des "remords profonds"), l'artisan se déclare aujourd'hui prêt à collaborer entièrement avec les magistrats instructeurs pour localiser les restes de l'infirmière tarnaise. Lors de ses récents échanges avec la justice, il précise avoir transporté le corps sans aucune aide extérieure. "Il a tout de suite pensé à ses enfants, il n’a pas voulu leur imposer la vision du corps inanimé de leur mère, donc il fallait le déplacer" ont déclaré ses avocats lors de cette conférence de presse. 

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Il affirme avoir utilisé la Peugeot 207 bleue familiale pour réaliser ce sinistre transport dans la nuit. Cette précision technique corrobore directement les doutes de l'accusation formulés depuis le début de l'instruction. En effet, le véhicule avait été retrouvé garé dans le sens de la descente au matin de la disparition, une position inhabituelle confirmant les différents témoignages des voisins rapportés par La Dépêche. D'après Le Parisien, le corps de Delphine se trouverait à quelques kilomètres seulement de l'ancien domicile du couple.

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Des aveux qui auraient pu arriver plus tôt ?

Les défenseurs de Cédric Jubillar expliquent ce revirement spectaculaire par un immense besoin de parler, après des années passées sous une pression constante. Maître Pierre Debuisson souligne, lors de sa déclaration publique, l'impact destructeur de l'isolement carcéral et d'une détention marquée par la prise de neuroleptiques. "Dès le matin, on me cachetonnait à mort. Effectivement, je n’ai pas répondu, mais maintenant, je suis à même de répondre", aurait expliqué Cédric Jubillar à ses avocats selon le Huff Post.

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Ils confirment : "On a des ordonnances. On le force à prendre des médicaments à la maison d’arrêt, il est obligé de les cracher dans les toilettes. Sans l’isolement et sans les médicaments, les aveux auraient été faits bien avant."

Vers un report du procès en appel ?

Le choc de sa première condamnation a également précipité cette reddition. "Ce n'est pas un jour de victoire, c'est un jour de vérité", a insisté l'avocat devant les caméras de télévision. En admettant le scénario de la voiture, l'accusé valide de lui-même les indices graves et concordants qui avaient justifié son incarcération, balayant le mystère lié à l'absence de preuves matérielles.

Cette nouvelle donne bouscule intégralement le calendrier judiciaire en cours. Le second procès, initialement programmé le 21 septembre 2026 devant la cour d'appel de Toulouse, subira un report presque inévitable, possiblement vers 2027. La défense juge grotesque et impossible de maintenir cette échéance. De nouvelles auditions s'imposent pour éclaircir ses dires et s'assurer qu'il n'a bénéficié d'aucune complicité logistique, malgré ses affirmations de solitude. 

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Les enquêteurs se demandent si les fouilles imminentes pourront enfin aboutir à la découverte de la dépouille. Du côté des parties civiles, l'espoir renaît douloureusement. Interrogé par Franceinfo, l'avocat de la famille de Delphine, Maître Mourad Battikh, exprime un souhait fort : "J'espère que les réponses apportées par Cédric Jubillar permettront aux enfants de faire leur deuil et de donner une sépulture à Delphine." La cour d'assises d'appel devra, en dernier lieu, évaluer quelles conséquences ces aveux auront sur la peine de l'artisan.

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