Affaire Justine Vayrac : le jeune accusé prend 30 ans de réclusion pour meurtre et viol

Publié par Matthieu Chauvin
le 23/03/2026
Justine Vayrac
abacapress
© ANDBZ/ABACA
La cour d'assises de la Corrèze a condamné ce samedi Lucas Larivée à 30 ans de réclusion criminelle pour le viol et le meurtre de Justine Vayrac. Le jeune homme de 24 ans a été qualifié de "psychopathe."

La tragique disparition de la jeune femme dans la nuit du 22 au 23 octobre 2022 à Brive-la-Gaillarde avait suscité une vive émotion à travers le pays. Après plus de trois années d'une attente douloureuse et de multiples rebondissements pour l'entourage de la victime, ce dénouement judiciaire vient clore un chapitre particulièrement éprouvant. Les enjeux de ce procès sous haute tension résidaient autant dans la qualification pénale des faits que dans la compréhension du profil psychologique de l'auteur.

Une lourde peine de 30 ans de réclusion

La cour d'assises de la Corrèze, réunie dans la ville de Tulle, a rendu sa décision finale le samedi 21 mars 2026. Les jurés et les magistrats professionnels se sont pronLoncés après six longues journées de débats intenses et près de six heures de délibéré à huis clos.

Lucas Larivée, aujourd'hui âgé de 24 ans, écope au terme de ce procès d'une peine de 30 ans de réclusion criminelle. Cette importante sanction pénale est par ailleurs assortie d'une période de sûreté fixée à 20 ans, rapporte Le Parisien.

Les membres du jury ont décidé de suivre les réquisitions sur la qualification des crimes. Ils ont formellement reconnu l'agriculteur coupable à la fois de meurtre et de viol. La thèse d'une mort non intentionnelle, ardemment portée par la défense tout au long des audiences, a donc été totalement écartée par la cour.

Une mécanique machiavélique face au scénario de l'accident

Lors des audiences, l'avocat de la défense, Me Michel Labrousse, a plaidé la requalification des faits en coups mortels ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Selon CNews et Le Parisien, il a soutenu l'hypothèse d'un accident survenu lors d'un jeu sexuel. "Vous aurez sur la conscience une décision sur laquelle il y a du doute et qui doit lui profiter", a-t-il lancé aux jurés, comme le relève Blick.

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Face à lui, le parquet a dépeint une réalité bien plus sombre. L'avocate générale Émilie Abrantes a dénoncé le cynisme de l'accusé. Elle a décrit comment "Lucas Larivée va ensuite mettre en place une mécanique glaçante et minutieusement huilée", cite Le Parisien. D'après Libération, le jeune homme a nettoyé la scène de crime, enterré le corps et inventé un coupable imaginaire, avant d'avoir une nouvelle relation sexuelle deux heures plus tard. Le ministère public avait ainsi requis la perpétuité assortie de 22 ans de sûreté.

Les experts psychiatriques ont brossé le portrait d'un individu dangereux. Ils ont relevé chez lui des traits de psychopathe, une intolérance à la frustration et une grande capacité à feindre les émotions.

Le soulagement des proches et la question de l'appel

L'annonce du verdict a provoqué une vive émotion dans la salle d'audience bondée. Un moment particulièrement marquant s'est déroulé à la fin des débats lorsque la mère de Justine Vayrac a pris dans ses bras la mère de l'accusé. À la sortie du tribunal, la famille de la victime a officiellement déclaré maintenir une confiance intacte envers l'institution judiciaire française.

Pour les avocats des parties civiles, la période de sûreté incompressible de 20 ans apporte une garantie indispensable. Elle répond au besoin absolu de neutralisation du caractère dangereux de l'agriculteur, analyse M6 Info. Ce délai limite strictement toute possibilité de demande d'aménagement de peine avant cette échéance lointaine.

L'affaire pourrait toutefois connaître de nouvelles suites judiciaires. Lucas Larivée dispose désormais d'un délai légal de 10 jours pour contester cette décision. Son conseil a indiqué vouloir prendre le temps d'une analyse rigoureuse avant d'envisager un éventuel appel. Il souligne notamment que la réclusion à perpétuité n'a finalement pas été prononcée, informent Police & Réalités et Le Parisien.

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