Affaire Jubillar : Cédric passe aux aveux, il est bien "responsable" de la disparition de Delphine
Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle, l'ancien plaquiste tarnais a rédigé une lettre à son avocat pour reconnaître sa responsabilité. Ce revirement inattendu, révélé en exclusivité par la Dépêche du Midi, bouleverse l'instruction en cours et redessine les contours de son procès en appel prévu pour la rentrée 2026.
Des aveux manuscrits à l'aube du procès en appel
Le 6 juillet 2026, l'affaire criminelle la plus médiatisée de ces dernières années a connu un basculement inattendu. Cédric Jubillar a formellement admis sa "participation dans la disparition de l'infirmière tarnaise. Comme le rapporte un communiqué de son conseil Maître Debuisson, l'accusé a remis un courrier directement rédigé depuis sa cellule pour acter cette démarche. Cette lettre met un point final à cinq longues années de dénégations systématiques.
Son avocat explique : "Durant ces derniers mois, j’ai pu créer un véritable lien de confiance avec Cédric Jubillar. J’ai senti un homme affaibli, mais qui avait besoin de parler. Et au fil de nos rencontres, il a reconnu sa participation dans cette affaire, avec soulagement, après toutes ces années où il s’est senti maltraité par les enquêteurs et harcelé par la pression médiatique. Dans cette démarche, il veut aussi donner une sépulture à la mère de ses deux enfants. Je suis fier de ce travail effectué pour la manifestation de la vérité et dans l’intérêt de la justice."
Selon les informations publiées par La Dépêche, l'homme évoque aujourd'hui une "libération de la parole." Il abandonne la posture de déni farouche maintenue devant les juges d'instruction et lors de son premier procès. Ce revirement contraste fortement avec son comportement initial, lorsqu'il avait lui-même signalé la disparition de sa femme aux gendarmes le 16 décembre 2020 à 4h09. Cette révélation percute de plein fouet le calendrier judiciaire. Le second procès de l'ancien plaquiste doit en effet s'ouvrir le 21 septembre 2026 devant la cour d'assises de la Haute-Garonne, à Toulouse.
Cédric Jubillar va révéler l'endroit où il a enterré Delphine
Le poids de la première décision de justice semble avoir influencé cette bascule. En octobre 2025, la cour d'assises du Tarn à Albi l'avait condamné à 30 ans de réclusion criminelle, la peine maximale pour meurtre sur conjoint hors perpétuité. Les jurés s'étaient appuyés sur un faisceau d'indices troublants : les lunettes cassées de la victime, une couette lavée précipitamment en pleine nuit et un téléphone activé artificiellement. De plus, l'accusé confirme que "La voiture Peugeot 207 bleue a bel et bien été utilisée pour transporter la dépouille de Delphine Jubillar" précise la Dépêche.
Désormais, l'enjeu majeur de ce dossier réside dans la localisation de la dépouille. Malgré des centaines de battues et de fouilles spécialisées autour de Cagnac-les-Mines, le corps de Delphine Jubillar demeure introuvable. Les autorités espèrent que les mots écrits par le trentenaire se traduiront par des indications géographiques précises et des explications sur son mobile exact.
Or, selon les informations de CNews, Cédric Jubillar aurait également donné des indications sur le lieu où il a enterré sa femme dans son courrier et s'est dit "prêt" à guider les enquêteurs. "Pour l’heure, Cédric Jubillar réserve les détails des circonstances de la disparition de son épouse à la justice et se met entièrement à sa disposition pour livrer toutes les précisions nécessaires", poursuivent ses deux avocats, Maîtres Debuisson père et fils, rapporte La Dépêche.
Il confirme que tout serait parti d'une dispute la nuit du 15 au 16 décembre 2020 alors que Delphine lui avait annoncé sa volonté de "refaire sa vie." En droit pénal, exprimer des regrets et collaborer avec la justice permet parfois d'espérer une clémence des magistrats toulousains sur la durée de la peine. L'accusé s'expose en contrepartie à une requalification précise des faits, naviguant entre le meurtre et les violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Pour la famille de l'infirmière, ces aveux provoquent un "séisme émotionnel ", selon l'expression employée par les parties civiles. Les proches voient naître l'espoir d'obtenir la vérité et d'offrir une sépulture digne à la jeune femme. La justice devra enfin mesurer l'impact de ces déclarations sur Louis et Elyah, les enfants du couple, dont le témoignage de la nuit du drame avait lourdement pesé lors des premières investigations.
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