Mégalomanie : Donald Trump frappe sa propre pièce d'or

Publié par Matthieu Chauvin
le 23/03/2026
Donald Trump
abacapress
© Pool/ABACA
Pour marquer le 250e anniversaire des États-Unis, les autorités ont approuvé la création d'une pièce en or 24 carats à l'effigie de Donald Trump, brisant un tabou monétaire vieux de deux siècles.

Le 19 mars 2026 s'inscrit comme une date singulière pour la numismatique américaine, marquant une rupture inédite dans les usages de la nation. Cette initiative, validée par les hautes instances culturelles, bouscule les textes fédéraux en vigueur depuis le dix-neuvième siècle. Elle redéfinit les symboles traditionnels de la démocratie outre-Atlantique, soulevant de multiples interrogations sur la personnalisation des célébrations nationales et l'héritage politique du pays.

Une validation historique sous le sceau de l'or

La Commission des beaux-arts (CFA) a approuvé à l'unanimité le design d'une monnaie commémorative. Cette édition spéciale et controversée célèbre le  "Semiquincentennial", officialisant les 250 ans de l'indépendance des États-Unis.

Le design retenu tranche radicalement avec les standards républicains habituels. L'objet représente Donald Trump assis à son bureau, les poings serrés, dans une posture illustrant la détermination et la force. Sur l'avers, la mention "LIBERTY" domine les dates "1776-2026", alors que le revers affiche un aigle à tête blanche majestueux saisi en plein vol.

Facebook

Ce dossier émane directement de l'U.S. Mint (la Monnaie américaine), après avoir reçu le feu vert personnel du chef de l'État. Lors des délibérations, rapporte la chaîne Fox News, James McCrery, vice-président de la commission, a encouragé la création d'une médaille "aussi grande que possible", imaginant un diamètre imposant pouvant atteindre 7,6 centimètres.

Un bras de fer avec la loi et la tradition

La règle dite des "présidents décédés" régit la monnaie américaine depuis une loi fondatrice de 1866. L'article 31 du United States Code, section 5114, affirme fermement qu'"aucun portrait ne doit être placé sur les obligations, titres, billets [...] des États-Unis, tant que l'original dudit portrait est vivant." Selon les archives historiques, George Washington lui-même refusait cet honneur pour se distinguer des monarques européens, instaurant une coutume séculaire respectée par l'ensemble de ses successeurs.

Vous avez aimé cet article ?

Pour esquiver cet obstacle juridique de taille, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a mobilisé son autorité discrétionnaire. Il a classé cet objet numismatique dans la catégorie des pièces de collection en or ("proof gold coins"), une classification spécifique qui échappe aux restrictions appliquées à la monnaie circulante courante.

Ce vote unanime sans la moindre opposition s'explique par la composition même de la commission. Les sept membres actuels de la CFA ont tous été nommés ou renouvelés par l'administration en place entre octobre 2025 et janvier 2026, écartant de fait les voix dissidentes qui assimilaient ce projet ambitieux à une pratique exclusive de "rois ou dictateurs", indique le magazine Time.

Des conséquences entre prestige numismatique et polémique

Pour les investisseurs et les amateurs d'objets rares, cette frappe en or 24 carats (pureté .999) représente une opportunité financière majeure. Bien qu'elle ne possède aucune valeur libératoire pour les achats du quotidien, sa production très limitée et sa valeur intrinsèque la transforment immédiatement en un objet de spéculation intense, malgré un prix de lancement attendu à des niveaux historiques.

L'opposition politique prépare une riposte législative face à cette annonce. Des membres du Congrès ont introduit le "Trump Act" (Restrict Ugly Money Portraits) pour tenter d'interdire définitivement l'usage de l'image d'un président en exercice sur tout support monétaire. Cette manœuvre affiche toutefois peu de chances d'aboutir face à la majorité actuelle qui soutient le projet.

Sur le plan purement symbolique, Donald Trump devient ainsi le deuxième président américain à figurer de son vivant sur une pièce officielle, succédant à Calvin Coolidge en 1926. Le Trésorier des États-Unis, Brandon Beach, assume pleinement cette décision dans un communiqué officiel paru en mars 2026 : "Alors que nous approchons de notre 250e anniversaire [...] il n'y a pas de profil plus emblématique pour l'avers de telles pièces que celui de notre président en exercice, Donald J. Trump."

Google News Voir les commentaires