INTERVIEW. Le coronavirus circule à nouveau dans l'Hexagone. Quand certains parlent déjà de deuxième vague, d'autres affirment qu'il ne faut pas s'inquiéter car il a "muté". Comment voir clair dans tout ça ? Planet fait le point avec Pascal Crépey, épidémiologiste et enseignant-chercheur.
Covid-19 : "Le virus qui circule aujourd'hui est le même qu'en mars"AFP

"C'est maintenant qu'il faut intervenir". Ces mots, ce sont ceux du Premier ministre Jean Castex, prononcés jeudi 27 août lors d'un point presse sur la situation sanitaire. Selon les derniers chiffres de Santé Publique France, 6 111 cas ont été détectés en 24 heures jeudi 27 août et 309 clusters sont toujours en cours d'investigation. 4 535 personnes sont hospitalisées, dont 381 en réanimation. Reprise épidémique, seconde vague... De nombreuses rumeurs circulent à propos de la Covid-19. Comment démêler le vrai du faux ? Planet fait le point avec Pascal Crépey, épidémiologiste et enseignant-chercheur à l'École des hautes études en santé publique à Rennes.

Coronavirus : "On peut dire que le virus circule à nouveau"

Que peut-on dire aujourd’hui sur la circulation du virus ?

Pascal Crépey : On peut dire que le virus circule à nouveau. À son arrivée en France et en Europe, la dynamique de l’épidémie faisait qu’une personne infectée était capable d’en infecter en moyenne trois autres. Les générations d’infectés successives augmentaient assez rapidement, à un rythme très soutenu. La croissance de l’épidémie et donc la croissance du nombre de cas étaient très importantes et c’est ce qui a causé cette première vague qui nous a un peu submergés en mars.

Le confinement a permis de ramener ce nombre de reproduction effectif, c’est-à-dire le nombre de contaminations par personne infectée, sous le seuil d’une contamination. Ce R effectif est le même concept que celui du nombre d’enfants par femme : lorsqu’il est inférieur à deux, on dit que les générations ne se renouvellent pas. En épidémiologie des maladies infectieuses, c’est la même chose : si ce R effectif est inférieur à un, les générations infectées ne se renouvellent pas et, au fil de l’eau, le nombre d’infectés va diminuer. Pendant le confinement, il était aux alentours de 0,7 ce qui a permis d’observer une décroissance du nombre de cas, d’hospitalisations, de passages en réanimation et donc de décès.

Jusqu’en juillet, le R effectif était inférieur à un. Pendant cette première période de déconfinement, l’épidémie était sous contrôle mais depuis début juillet, ce nombre de reproduction effectif est passé de nouveau au-dessus du seuil de 1 et donc, mécaniquement, l’épidémie repart, le nombre de contaminations repart à la hausse et donc le virus circule.

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