Alors que la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine est à l’arrêt, l’Etat est en train de puiser depuis deux jours dans les stocks de réserves stratégiques de pétrole pour faire face à la pénurie.

La mobilisation sociale contre la loi Travail fait tache d’huile. Après les grèves à la SNCF, à la RATP, et le blocage de raffineries et dépôts de carburant… voilà désormais que le secteur de l’énergie nucléaire est touché par un mouvement de grève.

Les salariés de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube) "ont voté la grève" ; en conséquence, "la production d'électricité va diminuer", déclare à Metronews Arnaud Picot, le secrétaire général du syndicat CGT-Energie de l'Aube, confirmant ainsi une information de Francetv Info. C’est l’un des deux réacteurs de la centrale qui est touché par cette mobilisation sociale, le second étant déjà à l’arrêt. Le réacteur en marche va donc progressivement se mettre en arrêt. A noter que pour relancer un réacteur, il faut compter entre 3 et 5 jours.

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La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine ne suffirait toutefois pas à plonger la France dans le noir puisqu’elle n’assure que 4 % de la consommation française d’électricité, selon EDF. Cependant, les choses pourraient devenir plus graves si le mouvement de grève s’étendait à d’autres sites nucléaires.

Depuis deux jours, on a commencé à utiliser les stocks de réserves stratégiques

Sur le front de la mobilisation de la CGT pétrole contre la loi El Khomri, les choses ne vont guère mieux. Invité ce mercredi sur RMC, Francis Duseux, président de l’UFIP (Union française des industries pétrolières), a reconnu que "la situation est tendue". Il a également admis que "depuis deux jours, on a commencé à utiliser les stocks de réserves stratégiques". "Chaque jour, on ponctionne l'équivalent d'un jour de consommation", a-t-il précisé. "Ces derniers jours la consommation d'essence est multipliée par trois voire par cinq dans certaines zones, a-t-il rappelé. La demande est tellement importante que nous n'arrivons pas à suivre".

Des perturbations sur les rails, dans les airs et les ports…

Du côté de la SNCF, on prévoit mercredi et jeudi un trafic "perturbé" avec 3 TGV sur 4 et 4 RER sur 5 en circulation en région parisienne ainsi qu’en en province, 2 TER sur 3 et 6 Intercités sur 10. La CGT (1er syndicat) a durci mardi son préavis de grève qui sera reconductible par période de 24 heures à compter du 31 mai au soir. Les trois autres syndicats représentatifs à la SNCF (Unsa, CFDT et SUD-rail) appellent aussi à la grève à cette période. Côté RER et métro à Paris, la CGT appelle à la grève illimitée à partir du 2 juin.

Côté air, conformément à la direction générale de l’Aviation civile (DGAC), 15 % des vols devraient être annulés jeudi à l’aéroport d’Orly. Des "perturbations" sont également attendues sur l'ensemble du territoire en raison de l'appel à la grève interprofessionnelle. Par ailleurs, du 3 au 5 juin, l’ensemble des syndicats de la DGAC appellent à la grève, cette fois-ci pour des revendications internes.

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Côté portuaire, la fédération CGT des ports et docks, qui avait déjà appelé à la grève pour jeudi, a décidé mardi de prolonger son mouvement de 24 heures, jusqu'à vendredi, "en réponse à la répression" lors du déblocage mardi matin des accès au dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).

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