Alors qu'un puissant séisme de magnitude 6,5 a encore frappé l'Italie dimanche, nous avons demandé à une sismologue si la France était à l'abri d'une telle catastrophe.

© Capture d'écran TF1

La terre a encore tremblé en Italie. Dimanche matin, nos voisins italiens ont été réveillés vers 7h40 par un nouveau séisme de magnitude 6,5 ressenti jusqu'à Rome. L'épicentre se situe à 6 kilomètres au nord de la petite ville de Norcia, pas très loin d'un autre séisme qui avait déjà eu lieu la semaine dernière. Pour l'instant, aucune victime n'est à déplorer - contrairement à celui survenu cet été qui avait fait près de 300 morts - mais de nombreux dégâts (routes coupées, bâtiments effondrés...).

Un tel scénario catastropique est-il possible dans notre pays ? En avril dernier, nous avions posé la question à une sismologue.

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En France, on enregistre 1 300 séismes par an

"En France métropolitaine, depuis que les instruments nous permettent de faire des mesures, le plus gros séisme enregistré fut en 1909, à Lambesc (PACA) avec une magnitude de 6", nous expliquait Sophie Lambotte, sismologue au Réseau national de surveillance sismique (RéNaSS). "Toutefois, ajoute-t-elle, selon les archives, le séisme le plus important en Europe remonte à l'année 1356 et eut lieu à Bâle (Suisse). La magnitude du séisme a été estimée entre 6,2 et 6,9 en France."  A titre indicatif, à cette magnitude, les secousses peuvent provoquer des dommages aux bâtiments anciens, mais pas aux édifices bien construits.

"En règle général, les séismes les plus importants en France n'ont jamais excédé une magnitude autour de 6", indiquait la sismologue du RéNaSS, qui enregistre chaque jour des secousses sismiques en France, mais "qui ne font heureusement pas de dégât et qui ne sont - pour la plupart - même pas ressentis par la population." Toutefois, tous les siècles environ, une séisme de magnitude supérieure à 6 a lieu en France métropolitaine.

Le dernier séisme meurtrier en France s’est produit en 1967, à Arette (Pyrénées-Atlantiques). D’une magnitude de 5,3, il avait été ressenti dans toute l’Aquitaine et le nord de l’Espagne, sur 150 000 km2, et avait provoqué la mort d’une vieille dame. Mais le dernier séisme de grande ampleur est celui de Lambesc (Provence), survenu le 11 juin 1909. D’une magnitude de 6,2 sur l’échelle de Richter, il avait fait 46 morts et plus de 250 blessés.

Les régions montagneuses sont les plus à rsique

Comme on peut le voir sur la carte ci-dessus, les massifs montagneux des Pyrénées, des Alpes, des Vosges et du Jura sont des zones de failles actives. La majeure partie des séismes enregistrés (environ 1300 par an en France métropolitaine) sont surtout situés sur les châines montagneuses (Pyrénées et Alpes), le long du sillon rhodanien et en Bretagne.

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Mais pourquoi sommes-nous moins touchés que l'Italie par les séismes ? Comme l'explique 20 minutes, les deux pays ne sont pas situés dans le même contexte géologique. "En Italie, c’est surtout l’étirement des Appenins, une chaîne de montagnes qui parcoure le pays sur mille kilomètres du nord au sud à travers quinze régions, qui provoque des séismes." Comme celui dans la nuit de mardi à mercredi, et celui à L'Aquila en 2009, qui avait fait plus de 300 morts.

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