Si la compagnie Air France est soupçonnée de faire face à des cas de radicalisation, elle n'est pas la seule à être exposée à la montée de l'intégrisme religieux.

Dans un article paru mercredi, le Canard enchaîné a recensé plusieurs "anomalies" avant le départ de nombreux vols commerciaux de la compagnie Air France : tentatives de sabotages de vols commerciaux, mentions "Allah Akbar" sur des avions, agent de Roissy qui refuse de guider un avion piloté par une femme... Des informations démenties par la compagnie qui parle de "rumeurs infondées" et de "fausses informations". "Aucun acte de malveillance sur un vol commercial Air France n'a jamais été confirmé ni même identifié comme tel", assure la compagnie aérienne.

Quoi qu'il en soit, Air France ne serait pas la seule entreprise à être confrontée à des actes de radicalisation. Ainsi, dans un article de Métronews de novembre 2015, on apprenait que l'aéroport de Roissy était en proie à des signaux de radicalisation. Depuis les attentats de janvier, environ dix personnes ont ainsi perdu leur badge "parce qu'ils avaient une pratique religieuse radicale ou étaient en contact avec des radicaux", déclarait une source aéroportuaire.

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Sécurité

Comme le rappelle le Figaro, la gendarmerie est aussi confrontée à des cas de radicalisation. Le général Richard Lizurey, nouveau directeur général de la gendarmerie, l'a récemment admis sur la radio RTL : "Il y a une dizaine de cas sur 125 000 personnes qu'on a réussi à désamorcer à temps (...) Dans le cadre de nos recrutements, quels qu'ils soient, nous prenons des précautions pour vérifier que nous ne soyons pas infiltrés." Dans l'armée française, une cinquantaine de cas de radicalisation ont été recensés en juin dernier dans un rapport d'information.

Après les attentats de novembre 2015, Michel Mathieu, patron de Securitas France, a déclaré à l'AFP qu'il y avait "plusieurs cas d'infiltration dans des sociétés de sécurité" dont certains dans sa propre entreprise. Dans le milieu carcéral, la radicalisation de certains surveillants de prison au contact de détenus prosélytes est un phénomène "infiniment minoritaire" mais "réel", expliquait mi-septembre le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas. Il y aurait 10 à 30 cas sur les 27 000 surveillants pénitentiaires travaillant en France.

Transport

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Le PDG de la SNCF, Guillaume Pépy, a relevé en janvier une dizaine de cas de radicalisation en un an. Les personnes concernées ont été mutées. Concernant la RATP, un article du Parisien daté de novembre 2015 avait révélé des cas de radicalisation musulmane au sein de l’entreprise qui exploite une partie des transports de Paris. Dans cet article, on apprenait que la société est l’entreprise qui emploie le plus de personnes faisant l’objet d’une "fiche S", et que certains de ses employés refusaient ostensiblement de saluer une femme, arrivaient en retard pour faire leur prière, ou même priaient sur place.

Enseignement

Du côté de l'enseignement, le ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem a admis en août dernier qu'une "dizaine" d'enseignants avait été suspendus car ils étaient fichés S.

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