Chaque jour de manifestation, les employés grévistes se voient amputer d'une partie de leur salaire. Comment s’organisent-ils pour faire face à ce manque d’argent ?

Voilà plus d’une semaine maintenant que les manifestants battent le pavé pour exiger le retrait de la loi Travail. Seulement, si manifester en France est un droit, cela a aussi un coût. En effet, comme le prévoit la loi, les salariés qui font grève ne sont pas rémunérés ce jour-là, qu’ils travaillent dans le secteur public comme privé. Alors comment les employés qui participent aux journées de mobilisation tiennent-ils le coup ?

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Comme le rappelle 20 minutes, de nombreuses sections locales syndicalistes disposent de leur propre caisse de grève. Le journal s’est intéressé au cas d’Olivier, de la section Sud PTT des Hauts-de-Seine. Lors de la manifestation jeudi à Paris, il tenait dans ses bras une caisse pour récolter des fonds auprès des passants. "Si les grévistes des bureaux de poste des Hauts-de-Seine tiennent, c’est grâce à cette caisse", estime-t-il. Sans cela, de nombreux grévistes auraient abandonné, "surtout les petits salaires", lâche-t-il.

Une cagnotte en ligne

Mais les collectes se font désormais aussi sur Internet. Ainsi, quatre sections de la CGT ont lancé depuis lundi un "appel à la solidarité financière" en créant sur le site Lepotcommun.fr une cagnotte en ligne. Dans l’après-midi de vendredi, la cagnotte affichait la somme de 96  655 euros récoltés grâce à 2 563 donateurs. Les dons seront ensuite redistribués "aux unions locales et aux syndicats d’entreprise, selon une répartition tenant compte du nombre de jours de grève et de salariés concernés", explique au quotidien gratuit David Jourdan, secrétaire général adjoint Info’Com CGT.

"J’ai pris sur mes vacances"

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A côté de ces organisations financières, certains font des sacrifices. Comme ce conducteur de bus à la RATP qui a pris sur son temps de repos pour manifester jeudi, après avoir perdu un jour de salaire lors d’une précédente mobilisation. Ou bien Sylvie, salariée de l’usine de caoutchouc à Trésigny (Seine-et-Marne) qui a perdu une journée de salaire. "Les autres fois, j’ai pris sur mes vacances", explique à 20 minutes la femme qui en est à sa quatrième manifestation.

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