Après une année 2014 exécrable, 2015 peut-elle être l'année de la résurrection pour François Hollande ? Éléments de réponse.

Après une année 2014 qui avait commencé de la pire des façons avec l’éclatement de l’affaire Gayet/Hollande, le président de la République a vécu une année particulièrement morose marquée entre autres par deux remaniements, des déculottées électorales pour le PS, la montée du Front National, le retour de Nicolas Sarkozy ou encore la publication du livre de son ex-compagne Valérie Trierweiler qui lui consacre un portrait pour le moins acerbe.

Or, depuis le mois de décembre, François Hollande reprend peu à peu des couleurs dans les sondages et en profite pour multiplier les initiatives pour se rapprocher des Français. Comme si, au final, le locataire de l’Elysée sentait le vent tourner en sa faveur. Alors, pourquoi 2015 pourrait-être l’année de François Hollande ?   

Parce qu’elle ne peut pas être pire que l’année 2014

Si l’année 2015 s’annonce plus facile pour François Hollande c’est surtout parce qu’elle pourra difficilement être pire que celle qui la précède. Jamais dans l’histoire de la Vème République un président n’aura été autant malmené. Les polémiques touchant le chef de l’État se sont succédées tant du côté de sa vie privé que du gouvernement. Les noms Duflot, Thévenoud et Morelle ou encore Montebourg, Hamon et Filipetti sont venus hanter les couloirs d’un pouvoir fragile déjà considérablement affaibli sur son aile gauche. D’autant que l’absence de résultats savonnait la planche de l’exécutif contraint de procéder par deux fois à un remaniement.

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De record d’impopularité en record d’impopularité, François Hollande a dû de surcroît affronter le grand déballage de sa vie privée offert au public par la plume vengeresse de l’ex-première dame. Comme si les deux raclées électorales consécutives ne suffisaient pas, le chef de l’État était pris dans la tourmente des "sans-dents" se voyant obligé d’assurer à la France entière que non, il n’avait rien contre les gens modestes. Mais qu’importe, l’opposition (empêtrée dans l’affaire Bygmalion) trouvait dans les appels à la dissolution de l’Assemblée une planche de salut.

Ajoutez à cela les tensions internationales qui sont venues ajouter leur grain de sel (conflit israélo-palestinien, Ukraine, Daesh etc.) et obtenez la parfaite recette d’une année noire pour l’exécutif. L’arrivée du FN à la première place des élections européennes est par la suite venue parachever ce que les conjonctures avaient entrepris. Alors, pourquoi pas le beau temps après la tempête ?    

Parce que la reconstruction de l’UMP ne sera pas achevée

En 2014, Nicolas Sarkozy a mis fin au faux suspense qui entourait son retour en politique. Mais comme on a pu le constater, son élection à la présidence de l’UMP n’a pas été une partie de plaisir, loin s’en faut. N’ayant pas obtenu le plébiscite qu’il attendait, l’ex-chef d’État est arrivé à la tête d’un parti en grande difficulté. Ainsi, François Hollande peut dans une certaine mesure être serein à ce niveau-là. Car en effet, le parti d’opposition, bien qu’en processus de réorganisation, doit surmonter bien des obstacles avant de menacer sérieusement l’exécutif. Surtout que les procédures concernant l’affaire Bygmalion pourraient directement inquiéter Nicolas Sarkozy.

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À cette incertitude judiciaire s’ajoutent les conflits de personnes à l’UMP dont l’intensité n’a pas véritablement baissé depuis la guerre Fillon/Copé. En témoignent les sifflets essuyés par Alain Juppé à Bordeaux, l’affaire Jouyet/Fillon ou encore les coups de menton à répétition d’un Xavier Bertrand qui n’a pas l’air de craindre l’autorité de Nicolas Sarkozy. Le scénario d’une nouvelle crise à l’UMP reste donc tout à fait probable pour l’année à venir. Ce faisant, François Hollande pourrait bénéficier de la situation explosive de la droite pour remonter dans l’opinion. En revanche, il ne saura profiter de ce contexte si les effets de sa politique peinent à se faire ressentir.       

Parce que quelques signaux sont au vert

Autre motif de satisfaction pour la prochaine année du côté de François Hollande, l’Insee s’est montrée optimiste le mois dernier concernant les prévisions de croissance en 2015. En effet, l’institut table sur une hausse du PIB de 1% pour 2015 contre 0.4% cette année. Par ailleurs, le contexte économique pourrait lui aussi jouer à l’avantage de l’exécutif.

Avec le prix du pétrole qui baisse, la légère dévaluation de l’euro (facilitant les exportations) ou encore la baisse de l’immobilier attendu pour l’an prochain, le pouvoir d’achat des Français pourrait (légèrement) progresser. Une progression qui pourrait être ressentie par les foyers modestes dès l’an prochain grâce notamment à la suppression de la première tranche d’impôt qui concernera quelques six millions de ménages.

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En revanche, ce faisceau de facteurs encourageants et dont pourrait bénéficier François Hollande ne devrait pas avoir d’incidence sur le chômage qui, rappelons-le, a encore augmenté au mois de novembre avec 27.400 nouveaux demandeurs d’emploi. Et la situation de l’emploi ne risque pas de s’améliorer en 2015 et ce, malgré la loi Macron. Mais nonobstant cet épineux problème dont l’OCDE estime qu’il s’atténuera en 2016, François Hollande voit tout de même l’année 2015 démarrer sous de meilleurs auspices qu’en 2014. Reste à savoir s’il saura en profiter…

 

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