Depuis quatre mois, l’avion de chasse français engrange des succès commerciaux à l’étranger. Des ventes fortement liées aux problématiques géopolitiques et à l'entremise de la diplomatie française.

Pour la troisième fois depuis le début de l’année, les entreprises Dassault Aviation, Thales et Safran poussent un "cocorico" ! Après l’Egypte et l’Inde, c’est autour du Qatar de commander plusieurs Rafale, ce fleuron de l’aéronautique française considéré comme le meilleur avion de chasse au monde.

Seulement, l’avion de Dassault a connu pendant longtemps des jours néfastes, boudés par les acheteurs internationaux qui, tout en lui reconnaissant des qualités indéniables, rechignaient à acheter un avion au coût plus élevé que ses concurrents sur le marché.

Aujourd’hui, la donne change : l’euro est tombé assez bas par rapport au dollar pour ne plus rebuter les pays désireux de s’offrir ce petit bijou de technologie. Mais le point déterminant dans la vente des Rafale reste la question géopolitique qui depuis quelques temps a été chamboulée au dépend des Etats-Unis… mais au profit de la France. Explications.

Des différends entre les pays du Golfe et les États-Unis

"Le Rafale réussit très bien car il profite de deux développements a priori hautement improbables. Le premier tient au différend politique entre les Etats-Unis et les pays du Golfe arabique au sujet des printemps arabes, particulièrement avec l'Egypte, et de l'accord nucléaire avec l'Iran. Le second, c'est le repli sur soi du Royaume-Uni", indique aux Echos Richard Aboulafia, spécialiste de l'aéronautique civile et militaire.

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Le second point déterminant concerne les regains de tensions dans la région, comme entre l’Inde et le Pakistan, ou encore la présence de l’État islamique à cheval entre l’Irak et la Syrie.

Le ministre de la Défense à la manœuvre

Enfin, le rôle du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est unanimement salué. Les tractations ayant contribué à la signature ce lundi à Doha (Qatar) de 24 Rafale seraient le fruit de deux ans de voyages diplomatiques confidentiels. Depuis août 2012, le ministre a effectué pas moins de dix visites au Qatar, la plupart n’étant pas inscrites sur son agenda, dans un rôle de "VRP" du Rafale.

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En déplacement à Doha pour signer le contrat, le chef de l’État a déclaré : "C'est le troisième succès commercial pour le Rafale. C'est un succès pour Dassault Aviation et les entreprises sous-traitantes qui arrive à point mais aussi pour les pouvoirs publics et la diplomatie française (..) C'est une fierté pour le pays."

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