Jeudi soir, l'Elysée a confirmé la vente de 24 Rafale à l'Egypte. Retour sur les spécifités de ce "fleuron" de l'industrie française.

Cela n’aura échappé à personne, le Rafale est un avion de chasse conçu par le groupe Dassault Aviation et qui avait pour objectif de succéder au Mirage. Entré en service dans l’armée française en 2004, l’avion est surtout connu pour avoir enchaîné les échecs commerciaux.

Ainsi, la vente de 24 appareils à l’Egypte constitue donc une première dans l’histoire de ce qui est présenté, non sans un certain chauvinisme, comme "le fleuron de l’industrie française". Alors, qu’est-ce qu’il a de si spécial cet avion ? Éléments de réponse avec Planet.fr.

Les caractéristiques techniques

Avant de parler de la partie financière, penchons-nous sur les caractéristiques techniques de l’engin. La conception de celui-ci a démarré en 1976 et le vol du premier prototype s’est effectué en 1986 (l’auteur de ces lignes n’était donc pas né, mais passons). Le Rafale est un avion biréacteur, c’est-à-dire qu’il possède deux réacteurs M88-2 de 7.5 tonnes de poussée en post-combustion chacun. Plus simplement, ça signifie qu’il peut atteindre la vitesse de 2.220 km/h (soit quasiment Mach 2).

Le Figaro (propriété de Serge Dassault ndlr) parle d’un "avion de combat ultrapolyvalent par excellence", qui concentre un nombre hallucinant de prouesses technologiques. Sans aller dans les détails les plus techniques, on peut souligner le fait que son cockpit soit entièrement numérisé et qu’il soit équipé d’un radar RBE2 "à balayage électronique à antenne fixe". Comprenez, il dispose d’un système de repérage ultra-sophistiqué, l'un des plus performants de la planète. Sa conception aérodynamique complexe est également l’une de ses spécificités. Au final, le Rafale présente toutes les caractéristiques qui lui permettent d’opérer dans des théâtres d’opération divers et variés. Mais alors, pourquoi tant de difficultés à le vendre ?

Coût et fragilité supposée

C'est un fait, l’histoire commerciale de cet appareil est calamiteuse. Et pour cause, de 1985 à 2012, le Rafale va de déconvenues en déconvenues. L’hebdomadaire L’Expressa fait l’inventaire des échecs commerciaux de ce "fleuron". Les deux camouflets les plus cuisants, sont sans conteste l’avortement d’un accord avec le Maroc en 2007 et la fin de non-recevoir adressée par le Brésil en 2010. Le problème, c’est que le programme de développement du Rafale a déjà engloutît plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Si l’avion ne parvient pas à s’imposer à l’étranger contre le F-18 américain ou le Gripen suédois, c’est surtout à cause de son coût. Certes, la technologie embarquée fait de cet appareil l’avion de chasse le plus performant et polyvalent du marché, mais le prix de vente dépasse largement celui de ses concurrents.

En 2011, à l’issue de négociations infructueuses avec la Suisse, le chef du département de la Défense helvète justifie son choix : "il faut désormais s’habituer à l’idée que l’armée ne peut revendiquer uniquement ce qui est le plus performant, mais qu’elle devra admettre ce qui est suffisant pour remplir sa mission". La messe est dite, l’avion est beaucoup trop cher.

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Par ailleurs, nombre de spécialiste pointent les nombreuses heures de maintenance nécessaire à l’entretien de ces appareils sophistiqués. D’où une certaine fragilité supposée qui colle à l’image du Rafale. En revanche, les récentes missions effectuées par la France en Libye ou au Mali ont pu prouver l’efficacité de cet avion de combat qui équipe l’armée française. Sans doute que ces démonstrations ont pu convaincre l’armée Egyptienne à faire le choix du Rafale. Et demain, l'Inde ?

 

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