Une pétition pour un Nutri-Score obligatoire dépasse le seuil des 100 000 signatures

Publié par Matthieu Chauvin
le 26/09/2026
Nutri-score
Istock
La pétition citoyenne réclamant le Nutri-Score obligatoire sur tous les produits alimentaires vient de franchir le seuil des 100 000 signatures à l'Assemblée nationale, relançant l'affrontement avec les géants de l'agroalimentaire.

Déposée sur la plateforme officielle du Palais Bourbon, cette initiative citoyenne bouscule le calendrier politique alors que plusieurs marques retirent leurs étiquettes nutritionnelles des rayons. Soutenue par 79 structures de santé et associations de consommateurs, dont l'Académie nationale de médecine et la CLCV, la démarche vise à transformer un étiquetage jusqu'ici facultatif en obligation légale.

La pétition franchit un cap décisif à l'Assemblée nationale

Enregistrée sous le n°4753 sur le site officiel de l'Assemblée nationale, la pétition lancée par le professeur Serge Hercberg et un collectif de chercheurs en nutrition a dépassé le cap des 100 000 paraphes. Pour son initiateur, la priorité demeure sanitaire : "Avec le Nutri-Score obligatoire la santé publique doit l’emporter sur les seuls intérêts économiques de quelques groupes agro-alimentaires."

Ce résultat modifie immédiatement le traitement du dossier au Palais Bourbon. Le texte bénéficie d'une mise en avant sur le portail institutionnel et rejoint la commission des affaires sociales, qui doit désigner un député-rapporteur. Ce parlementaire formulera une recommandation ferme : classer la demande ou programmer un examen en commission. Si le compteur atteignait les 500 000 signatures réparties sur au moins 30 départements, la Conférence des présidents devrait automatiquement statuer sur l'organisation d'un débat direct dans l'hémicycle.

Cette mobilisation accentue la pression sur l'agenda législatif. Les députés examinent déjà une proposition de loi transpartisane pour contraindre les fabricants à apposer le logo sur les emballages et les publicités, tandis que les débats d'automne sur le budget de la Sécurité sociale offrent une tribune idéale pour aborder les coûts des maladies chroniques liées à la malbouffe.

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La transparence nutritionnelle au cœur d'une bataille industrielle

Instauré par l'arrêté interministériel du 31 octobre 2017, le Nutri-Score repose uniquement sur le bon vouloir des industriels. Les données récentes de l'Observatoire de l'alimentation révèlent pourtant un recul inédit de sa présence en magasin. Cette désaffection coïncide avec le durcissement du barème de calcul, désormais plus sévère envers les sucres ajoutés, le sel et les édulcorants.

Des fabricants majeurs comme Danone ou Bjorg ont ainsi choisi d'effacer le logo de certaines gammes dégradées par la nouvelle formule, notamment les yaourts à boire et les laits végétaux passés de notes favorables à des lettres plus pénalisantes. Pour freiner une imposition stricte, les industriels s'abritent derrière le règlement européen INCO de 2011. Ce texte communautaire harmonise les emballages et interdit à un État membre d'imposer unilatéralement une signalétique nutritionnelle sans accord préalable de Bruxelles.

Les solutions pratiques pour faire ses courses sans logo

Face à la disparition subite de la pastille multicolore sur les céréales du petit-déjeuner, les produits laitiers ou les plats préparés, les consommateurs doivent redoubler de vigilance. L'absence d'étiquette signale souvent une tentative de masquer une note nutritionnelle dégradée par l'algorithme actualisé.

Pour déjouer cette stratégie marketing, les applications mobiles indépendantes comme Open Food Facts ou Yuka calculent la note actualisée des articles via le scan du code-barres, contournant le silence des industriels. Enfin, la lecture de la liste des ingrédients reste une arme efficace : le premier composant mentionné est le plus abondant dans la recette. L'examen du tableau pour 100 grammes permet de vérifier la teneur réelle en graisses saturées, en sel et en sucres avant de déposer le produit dans votre chariot.

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