Santé publique : une pétition pour rendre le Nutri-score obligatoire fait un carton !

Publié par Matthieu Chauvin
le 26/05/2026
Nutri-score
Istock
Photo d'illustration
Face au blocage politique et à la mauvaise volonté de l'industrie, 79 organisations de santé portent une pétition qui a déjà recueilli 57 000 signatures pour imposer l'affichage du Nutri-score sur tous les produits alimentaires en France.

L'étiquetage nutritionnel traverse une zone de fortes turbulences depuis le durcissement récent de son mode de calcul. Alors que près d'un adulte sur deux est en surpoids ou en situation d'obésité en France selon les chiffres édifiants de Santé publique France, les professionnels de santé s'inquiètent de l'abandon progressif du logo par de grandes marques. Ce 26 mai 2026, une coalition inédite a décidé de frapper fort pour interpeller le gouvernement et relancer un débat législatif totalement enlisé au Parlement.

Une mobilisation sans précédent du monde médical

Le concepteur initial du dispositif, le Pr Serge Hercberg, figure aujourd'hui parmi les grands initiateurs d'un mouvement d'ampleur regroupant exactement 79 structures associatives (dont l'UFC Que Choisir, 60 millions de consommateurs ou Foodwatch rapporte TF1 Info)  et médicales. La Société française du cancer, ainsi que la Société francophone du diabète, se sont alliées pour porter la voix d'une pétition citoyenne qui rassemble déjà 57 000 signatures (la pétition est accessible sur le site de l'Assemblée nationale).

Leur demande commune est très claire : il faut sortir définitivement du système basé sur le simple volontariat des marques, pour imposer une transparence nutritionnelle stricte sur l'ensemble des emballages vendus dans l'Hexagone. Ce combat associatif bénéficie d'un renfort inattendu et particulièrement prestigieux avec l'implication de l'Académie nationale de médecine. La vénérable institution monte au créneau pour dénoncer publiquement une situation de blocage politique qu'elle juge inacceptable pour la santé des citoyens.

Le fiasco de la loi de 2025 face aux lobbys

L'espoir d'une généralisation réglementaire avait pourtant pris une forme très sérieuse le 7 novembre 2025. Les députés de l'Assemblée nationale avaient alors voté en faveur de l'obligation d'afficher le célèbre logo coloré, intégrant la mesure au cœur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026. Cette victoire de courte durée a subi un revers cinglant en fin d'année. La mesure a essuyé un rejet définitif au Sénat après des débats particulièrement houleux, marqués par l'intervention massive des lobbys de l'agroalimentaire, rapporte France Assos Santé. 

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Cette fronde des industriels répond directement à la refonte de l'algorithme survenue en mars 2025, rendant le système de notation beaucoup plus sévère pour les préparations très sucrées ou salées. En réaction, de grandes marques comme Danone ou Bjorg ont acté le retrait de l'étiquette de leurs produits. Ces groupes rejoignent de fait les rangs des opposants historiques au système, à l'image des multinationales Ferrero, Coca-Cola, Lactalis et Mondelez.

L'absence d'étiquetage pénalise les consommateurs

Ce recul massif de l'étiquetage dans les rayons a des répercussions immédiates sur vos achats quotidiens. Il est devenu impossible de comparer équitablement des articles similaires si les industriels masquent les mauvaises notes de leurs produits phares. Les médecins qualifient cette opacité de risque sanitaire immédiat, favorisant insidieusement la progression de pathologies chroniques graves comme le diabète ou l'hypertension artérielle.

"Dans la situation actuelle où le Nutri-score n'est pas obligatoire, certains grands groupes agroalimentaires refusent de l'afficher sur leurs produits (...) Cette situation constitue donc une perte de chance pour les citoyens français. Ceci justifie qu'il soit rendu obligatoire", assène fermement le communiqué commun diffusé par les instances de santé, repris par TF1 Info.

Pour mettre fin à cette dissimulation organisée et forcer la main aux entreprises récalcitrantes, de nouvelles pistes coercitives animent le débat public. L'une d'elles suggère la mise en place d'une lourde sanction financière, prenant la forme d'une taxe fixée à 2 % du chiffre d'affaires, pour toute marque refusant de se soumettre à ce devoir essentiel d'information.

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