Dans les colonnes du New York Times, Adèle Haenel réagit avec force aux nominations de Roman Polanski aux prochains César, dont la cérémonie se tiendra ce vendredi 28 février.
César 2020 : pour Adèle Haenel, "distinguer Polanski, c’est cracher au visage de toutes les victimes"

Adèle Haenel sort du silence. Pour son retour médiatique, trois mois après ses confessions chocs à Médiapart, où elle révélait avoir été victime d'agression sexuelle de la part de Christophe Ruggia lorsqu'elle était adolescente - révélations ayant entrainé la mise en examen du réalisateur -, la comédienne a choisi le New York Times. Dans un long entretien publié ce lundi, elle revient sur la vague de témoignages reçus après sa prise de parole à Médiapart, et le mouvement #MeToo en France.

Pour Adèle, "la France a raté le coche" de #MeToo

"Mon histoire a été comme un précipité en chimie, c’était le gramme de plus où on voit le précipité apparaître. Elle a "pris" parce que la société française avait fait ce travail de réflexion autour de #MeToo" explique Adèle Haenel, qui affirme pourtant qu'il y a "un paradoxe #MeToo en France" : "C’est l’un des pays où le mouvement a été le plus suivi, du point de vue des réseaux sociaux, mais d’un point de vue politique et médiatique, la France a complètement raté le coche." Pour la jeune femme, "beaucoup d’artistes ont confondu, ou voulu confondre le jeu sexuel et l’agression. Le débat s’est positionné sur la question de la liberté d’importuner, et sur le prétendu puritanisme des féministes. Alors qu’une agression sexuelle est une agression, pas une pratique libertine".

"Cracher au visage de toutes les victimes"

A quelques jours de la cérémonie des César 2020, le 28...