Un enfant de moins de 12 ans euthanasié dans ce pays européen pour la première fois

Publié par Matthieu Chauvin
le 24/06/2026
Euthanasie
Istock
Photo d'illustration
Un pays de l'Union européenne viennent de franchir une étape historique dans leur législation sur la fin de vie avec l'annonce, le 23 juin 2026, du tout premier cas d'euthanasie d'un enfant de moins de 12 ans.

Pionniers de longue date sur les questions de fin de vie, les Pays-Bas expérimentent aujourd'hui les effets de leur récente réforme législative. Ce tout premier cas clinique documenté met à l'épreuve les mécanismes de contrôle stricts élaborés par le gouvernement néerlandais pour encadrer les souffrances extrêmes chez les très jeunes patients.

Un premier cas clinique sous haute surveillance judiciaire

Le 23 juin 2026, un rapport officiel des autorités sanitaires néerlandaises a confirmé l'application d'un acte d'euthanasie sur un mineur dont l'âge est compris entre un et douze ans. Le jeune patient présentait un profil clinique particulièrement lourd. Il souffrait d'une maladie incurable arrivée au stade terminal, générant des "souffrances intolérables" que les traitements et les soins palliatifs ne permettaient plus de soulager, précise le ministère de la Santé néerlandais.

Pour évaluer objectivement ce seuil de douleur chez un si jeune enfant, les équipes médicales s'appuient sur des grilles d'évaluation pédiatriques rigoureuses, croisant l'intensité des symptômes physiques et l'épuisement physiologique du malade. Face à la sensibilité d'un tel acte, la procédure impose une vérification drastique. Une commission régionale de contrôle ainsi que le parquet sont immédiatement intervenus pour s'assurer de la stricte conformité de l'intervention avec les exigences légales

Selon une déclaration rapportée par Le Figaro, "le processus, validé par le consentement des parents et des médecins, fait actuellement l'objet d'un contrôle a posteriori par une commission spéciale et le parquet. "Cette étape d'évaluation permet de certifier la bonne objectivation de la douleur par le corps médical. Si la commission estime que les critères légaux n'ont pas été scrupuleusement respectés par les praticiens, ces derniers s'exposent à de sévères sanctions pénales pour homicide.

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Un cadre légal élargi pour combler le vide juridique

Cette première intervention trouve sa source directe dans l'évolution de la législation actée en février 2024. Le gouvernement néerlandais avait alors décidé d'intégrer la tranche d'âge allant de un à seize ans... de un à douze ans précisément. Jusqu'à cette date, ces jeunes malades se trouvaient totalement exclus du protocole de Groningen, exclusivement réservé aux nourrissons de moins d'un an, et de la loi générale couvrant les mineurs de plus de douze ans.

L'accès à cette aide active à mourir repose sur des conditions impératives de consentement. La réglementation exige l'accord indéfectible des deux parents. L'approbation du jeune patient est également requise si son stade de développement et son discernement le permettent au moment de la demande. La procédure nécessite en outre l'avis obligatoire d'au moins un médecin indépendant. Ce spécialiste externe doit attester sur dossier qu'il n'existe "aucune autre solution raisonnable" pour préserver la dignité du malade, selon les textes officiels en vigueur.

Vers d'inévitables dérives ?

Alors que les Pays-Bas ont été le premier pays au monde à légaliser l'euthanasie en 2002, ce nouveau palier soulève d'importants enjeux éthiques à l'échelle européenne. Le débat sur la notion de "souffrance sans perspective" chez l'enfant trouve un écho retentissant dans plusieurs pays frontaliers, dont la France, où la discussion sur l'aide active à mourir occupe encore largement l'espace public et politique. 

Néanmoins, les instances de La Haye affirment que ce premier cas ne préfigure en aucun cas une explosion des requêtes : les projections officielles du ministère estiment que cet acte demeurera très exceptionnel, concernant en moyenne cinq à dix patients par an.

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