Royaume-Uni : un permis d’entrée désormais obligatoire pour les visiteurs de 85 pays, dont la France
Finie la simple présentation du passeport : les voyageurs doivent désormais montrer patte blanche numérique avant même de quitter le sol français. Ce changement majeur marque la fin d'une ère de libre circulation simplifiée et impose de nouvelles règles strictes pour quiconque souhaite traverser la Manche, que ce soit pour le tourisme, les affaires ou une simple visite familiale.
Une application stricte aux frontières
Depuis ce mercredi 25 février 2026, les autorités britanniques ne font plus preuve de souplesse à l'égard des voyageurs européens. Le contrôle de l'ETA (Electronic Travel Authorisation) n'est plus une option laissée à l'appréciation des agents, mais une obligation absolue. Ce tour de vis administratif concerne un périmètre très large : les ressortissants de 85 pays sont visés, incluant la France, l'ensemble des pays de l'Union européenne, ainsi que les États-Unis et le Canada.
La sanction en cas de manquement est immédiate et sans appel. Contrairement aux mois précédents où des avertissements pédagogiques pouvaient être délivrés, le défaut de ce permis numérique entraîne désormais l'interdiction pure et simple de monter à bord. Comme l'indique un communiqué du ministère britannique de l'Intérieur (Home Office) publié en février 2026, « les passagers sans autorisation de voyage électronique seront empêchés d’embarquer ». Cette règle s'applique aussi bien aux portiques de l'Eurostar qu'aux portes d'embarquement des aéroports.
Un dispositif de sécurité inspiré du modèle américain
Sur le plan technique, l'ETA est un document immatériel lié électroniquement au passeport du voyageur. Il ne faut pas le confondre avec un visa classique : il s'agit d'une autorisation préalable de voyage destinée aux courts séjours (moins de six mois). Ce système permet aux autorités de Londres de « numériser » leurs frontières pour fluidifier les passages tout en augmentant la vigilance.
L'objectif affiché par le Home Office est clair : renforcer la sécurité nationale en identifiant les profils des voyageurs avant même leur arrivée sur le territoire britannique. Le Royaume-Uni s'aligne ainsi sur des standards internationaux éprouvés, calquant son modèle sur l'ESTA américain ou le futur ETIAS européen, dont l'entrée en vigueur est prévue pour fin 2026. Le dispositif semble d'ailleurs avoir trouvé son rythme de croisière : selon les chiffres officiels, 19,6 millions d’ETA avaient déjà été émises à la date de septembre 2025, témoignant de la montée en puissance du système avant sa généralisation actuelle.
Coût, validité et pièges à éviter
Pour les voyageurs, cette nouvelle formalité a un coût. Le permis est facturé 16 livres sterling (environ 19 euros). Une fois obtenue, l'autorisation reste valable pendant deux ans ou jusqu'à l'expiration du passeport associé. Attention toutefois : si vous changez de passeport durant cette période, une nouvelle demande d'ETA sera nécessaire. Le gouvernement britannique a par ailleurs déjà signalé son intention de revoir ce tarif à la hausse, évoquant un montant futur de 20 livres.
Une subtilité piège de nombreux passagers : l'obligation de détention de l'ETA s'applique également aux voyageurs en transit. Même si vous ne faites qu'une correspondance dans un aéroport britannique comme Heathrow sans sortir de la zone internationale, ce document est requis. Enfin, bien que la délivrance via l'application mobile officielle soit souvent rapide, le ministère de l'Intérieur recommande vivement d'anticiper. Il est conseillé de déposer sa demande au moins 3 jours ouvrés avant le départ pour éviter toute déconvenue liée aux délais de traitement.
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