Rentrée 2026 : près de 4 000 postes d’enseignants supprimés
C'est une douche froide pour la communauté éducative. Tout s'est joué lors du CSA Éducation nationale. Ce lundi 26 janvier 2026, le ministère a présenté aux partenaires sociaux la répartition des moyens. Les syndicats ont d'abord pris connaissance d'une coupe sombre d'environ 4 000 postes, répartis initialement entre 2 229 suppressions dans le premier degré et 1 803 dans le second degré. Une annonce qualifiée de « sanglant » par les représentants du personnel.
4 032 postes disparaissent dans le public
Après un « étonnant rétropédalage », le ministère a rectifié le tir concernant les collèges et lycées, ramenant les suppressions à 1 365 postes, conformément au budget initial de novembre 2025. Cette erreur de calcul a été justifiée par la difficulté à anticiper les résultats des nouveaux concours de recrutement.
En fin de compte, le bilan reste lourd : 4 032 postes disparaissent dans le public. Ce total inclut les 3 256 suppressions actées et 776 postes officiellement « mis en réserve en attendant le recrutement des futurs enseignants ». Interpellé à l'Assemblée nationale, le ministre Édouard Geffray a rejeté toute accusation de malhonnêteté : « Il n’y en aura pas d’autre et il n’y a pas de suppression cachée… mais une mise en réserve de 0,1 % de l’effectif », a-t-il martelé, assurant qu'il n'y avait « pas de volonté de dissimulation ».
Une géographie très inégale des coupes
Pour justifier cette coupe franche, l'exécutif brandit l'argument de la natalité. Selon les prévisions, l'école publique comptera 5,7 millions d’élèves en 2029 contre 6,7 millions en 2019 dans le premier degré.
Cet argumentaire ne convainc pas les syndicats. Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE Unsa, dénonce une « logique comptable » déconnectée des réalités de terrain. Selon elle, cette approche ignore les « besoins des territoires et des établissements ». Elle pointe du doigt le fait que « à cause de ça, des académies perdent régulièrement des postes depuis dix ans maintenant... ».
Les conséquences de la baisse démographique sur l'éducation se traduisent par une géographie très inégale des coupes. « Ça va faire très mal dans certaines académies », prévient Sophie Vénétitay du Snes-FSU, jugeant la perte de 1 365 postes dans le secondaire « beaucoup trop » importante. Les postes d'enseignants perdus dans l'académie de Lille sont particulièrement nombreux : la région perd 190 postes dans le secondaire et 265 dans le primaire. La Normandie n'est pas épargnée avec une perte cumulée de plus de 300 postes. D'autres académies comme Rennes (-153 dans le secondaire) et Bordeaux (-140) subissent également de plein fouet cette rigueur budgétaire, tout comme Versailles (-170 dans le primaire).
De nouvelles créations de postes
Sur l'ensemble du territoire, seules cinq académies voient leurs effectifs augmenter ou se stabiliser positivement. Quelques créations de postes viennent toutefois nuancer ce tableau sombre, principalement fléchées vers l'école inclusive. Le ministère met en avant le recrutement de 1 700 AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) et 300 professeurs supplémentaires seront recrutés pour soutenir l'inclusion. En revanche, la vie scolaire devra faire sans moyens supplémentaires : aucun poste de conseiller principal d’éducation (CPE) ne sera créé cette année.