Des jeunes en état d’ébriété, des personnes fragiles psychologiquement… Tous ont en commun d’avoir entre 20 et 45 ans et de s’être trouvé dans le même périmètre que Nordahl Lelandais au moment de leur disparition. Planet fait le point avec Bernard Valezy, président de l'ARPD, l'association qui centralise les dossiers.

Après les aveux de Nordahl Lelandais dans les affaires Maëlys de Araujo et Arthur Noyer, les enquêteurs ont décidé de plonger leur nez dans plusieurs dossiers non élucidées. Au total, pas moins d’une quarantaine d’affaires pourraient être passées au peigne fin dont neuf pour lesquelles un corps a été retrouvé, et dont 35 ont eu lieu en région Rhônes-Alpes, explique Bernard Valézy, président de l’association Assistance et recherches de personnes disparues, contactée par Planet.

Pour l’instant, les enquêtes ont été rouvertes dans une vingtaine d’affaires. Il s’agit d’hommes et de femmes, entre 20 et 45 ans, qui pour beaucoup d’entre eux se trouvaient dans un état de fragilité au moment de leur disparition,survenue entre 2009 et 2017. Certains étaient alcoolisés d’autres instables psychologiquement.

Parmi celles dont les noms sont plus ou moins déjà connus : Nicolas Suppo, Malik Boutvillain, Stéphane Chemin, Georgette Bonnet, Nelly Balmain, Eric Foray, Jean-Christophe Morin, Ahmed Hamadou, Adrien Mourialmé, Coralie Moussu, ou encore Adrien Fiorello, dont l'enquête n'a jamais été fermée. Ses parents ont été entendus deux fois. Dans toutes ces affaires, les enquêtes ont été rouvertes et sont centralisées par la cellule Ariane, qui retrace l'emploi du temps de Nordahl Lelandais et recoupe les différents éléments. L’ARPD partage d’ailleurs avec cette unité d’un genre particulier, un fichier dans lequel elle centralise toutes les disparitions qu’on lui signale et dans laquelle la piste de Nordahl Lelandais pourrait être légitimement vérifiée. Comme l’explique Bernard Valezy : "les familles veulent simplement vérifier, il s’agit d’une piste comme une autre pour elles".

Les moins connues

Sydney, Caroline et Antoine. Dernièrement, l’ARPD a été saisie par de nouvelles familles dont celle de Sydney Fond. Il disparaît en septembre 2014 avec seulement son PC et un billet SNCF. Ses parents habitaient en Savoie. L’avocat de ses proches Maître Boulloud a demandé à ce que l’enquête soit rouverte. Il y a également le cas de Caroline Rivollier. La jeune femme vit en colocation à Lyon, quand elle annonce fin mai 2014 qu’elle va s’absenter quelques jours. Des retraits sont faits dans la ville de Chambéry avant qu’elle ne donne plus signe de vie. Là-encore une demande de réouverture a été adressée aux autorités. La famille de Kevin Fauvel s’est également tournée vers l’ARPD. Le jeune homme qui vivait dans une communauté des Alpes-de-Haute-Provence, décide en avril 2012 de se rendre en stop chez ses parents. Il a prévu de s’arrêter chez son oncle. Pour s’y rendre, il passe notamment par Chambéry. Il n'arrivera jamais en Bretagne et son oncle ne l'a jamais vu. 

La disparition d’Antoine Zoia le 1er mars 2016 est également prise très au sérieux par les autorités. Il quitte le domicile familial un jour de vacances, passe acheter un briquet et disparaît.

Des dépouilles qui posent questions

Thomas P., Thomas R., Grégory et Nordine. Dans certaines affaires, les autorités disposent d’une dépouille. C’est le cas de Thomas Rauschkolb. Le 27 décembre 2014, il part en boîte de nuit avec des copains. L’établissement se trouve entre Chambéry et Aix-les-bains. Sorti du club parce qu’il est trop alcoolisé, il attend ses amis sur le parking. A leur sortie, ils ne le trouvent pas. Le cadavre du jeune homme de 18 ans sera retrouvé peu après dans un ruisseau à moins de 400 mètres. Il y a vraisemblablement eu une chute de 10 mètres de haut mais son père n’y croit pas, Thomas était dans la direction inverse de sa maison et présentait des traces de griffures au niveau des mains. Une enquête est en cours.

Son décès rappelle une autre affaire, celle de Thomas Pernet. En vacance à Méribel en Savoie avec un ami, ils rentrent chacun de leur côté après une soirée au restaurant. La dépouille du jeune homme de 22 ans est retrouvée dans une petite rivière non loin. Si l’enquête a conclu à une mort naturelle, les proches n’y souscrivent pas. Pour l’instant l’enquête n’a pas été rouverte à l'inverse de celle de Grégory Mercier toujours en cours. Âgé de 34 ans, il a été retrouvé en août 2011 avec deux balles, une dans la tête une dans la bouche. Il se trouvait sur un lieu de rencontres homosexuelles près d’Etrembières en Haute-Savoie. L’enquête est toujours ouverte et c'est Maître Raon, l'avocat des parents de Maëlys de Araujo qui en charge du dossier côté famille.

Enfin, les autorités ont également retrouvé la dépouille de Nordine Seghiri, dont le dossier vient d’être rouvert par la justice. Hospitalisé à Chambéry pour des douleurs aux reins, l’homme de 49 ans avait fugué pendant l’été 2015. Au mois de mai de l’année suivante, les restes de son corps sont découverts éparpillés sur trois hectares à Challes-les-eaux, à moins de 10 kilomètres.

Un hôpital concentre plusieurs disparitions

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Trois dossiers sur la quarantaine évoqués par Bernard Valezy concernent des personnes qui avaient fait un passage par l'hopital psychiatrique de Bassens dans la périphérie de Chambéry. C’est le cas de Rachid Rameche et Julie Madjouli. Le premier quitte le centre en juin 2009, retire son allocation adulte handicapé et disparaît. La seconde a 24 ans en février 2012 quand elle part du centre vers midi, sans moyen de locomotion. Son corps est retrouvé près d’un barrage à une heure de route. Enfin Lucie Roux, âgée de 43 ans au moment de sa disparition en 2012, vivait dans un logement dépendant de l'établissement de Bassens. Elle a disparu sans laisser de traces.

Une réunion avec les familles des disparus est prévue le 27 avril prochain à Lyon. 

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