La Banque de France se contredit une semaine plus tard : il y aura bien plus d'inflation et moins de croissance

Publié par Matthieu Chauvin
le 11/03/2026
François Villeroy de Galhau
Autre
© Blondet Eliot/ABACA
Une semaine après avoir déclaré qu'il n'y aurait "pas de récession en France", François Villeroy de Galhau a détaillé les conséquences économiques du nouveau conflit au Moyen-Orient, prévoyant une hausse des prix et un ralentissement de l'activité sans pour autant céder au spectre de la stagflation.
 

Le déclenchement d'une nouvelle crise géopolitique bouleverse déjà les prévisions économiques nationales. Alors que la situation militaire s'enlise sur le terrain depuis la fin du mois de février, les principales institutions financières évaluent l'onde de choc sur le pouvoir d'achat des ménages et les finances de l'État. Le diagnostic officiel appelle à une grande prudence budgétaire face à l'envolée brutale des cours de l'énergie sur les marchés internationaux.

Une révision inévitable des perspectives économiques face au conflit

L'éclatement de la guerre au Moyen-Orient modifie de façon mécanique la trajectoire financière du pays, touchant simultanément les prix et la production. Invité sur le plateau de RTL ce mercredi 11 mars 2026, François Villeroy de Galhau a dressé un constat sans détours sur ce binôme économique. "Le sens de cette crise est malheureusement plus clair au fil des jours : ça signifie économiquement un peu plus d’inflation et un peu moins de croissance", a analysé le gouverneur de la Banque de France. Il y a une semaine, elle assurait pourtant que le pays n'était pas menacé par un risque de "récession."

Face à cette soudaine pression tarifaire à la pompe, l'État maintient une ligne extrêmement stricte concernant les aides publiques. Toujours selon le haut fonctionnaire interrogé par la station de radio, le déploiement d'une nouvelle indemnité carburant s'avère prématuré. Une telle mesure représenterait une charge beaucoup trop lourde pour un budget national déjà contraint.

Une économie française épargnée par le risque de stagflation

L'intervention armée initiée le 28 février dernier, impliquant directement l'Iran, agite violemment les marchés de l'énergie, souligne l'AFP. Le baril de Brent a ainsi accusé une volatilité spectaculaire, passant d'un tarif habituel de 70 dollars à un pic alarmant de 116 dollars au début du mois de mars, avant de fluctuer. Pour autant, le gouverneur repousse fermement l'idée d'un effondrement économique similaire au choc de 2022 lors de l'offensive en Ukraine

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L'institution bancaire française met en évidence une différence majeure : l'inflation de départ affichait un niveau très bas, mesurée à environ 1 % en février, tandis que la croissance conserve une base positive malgré ce ralentissement imprévu. "L'inflation en France restera basse. Je lis parfois le mot de stagflation... Ça n’est pas la stagflation, je veux le dire très clairement ce matin", a martelé François Villeroy de Galhau au micro de nos confrères. Sur le front monétaire, la Banque centrale européenne devrait privilégier la stabilité de ses taux directeurs, anticipe le site Boursorama. Le responsable estime inutile de les augmenter dans l'immédiat, afin de ne pas freiner davantage l'activité des entreprises.

Les conséquences directes sur la facture énergétique des Français

En dépit d'un discours rassurant sur la macroéconomie, le pouvoir d'achat des citoyens va irrémédiablement subir la hausse des composantes énergétiques, dominées par le pétrole et le gaz. Le gouvernement accorde dorénavant la priorité absolue au désendettement de la nation plutôt qu'au rétablissement d'un coûteux bouclier tarifaire, indique Public Sénat. Les consommateurs devront par conséquent absorber eux-mêmes une fraction significative de la hausse des prix observée dans les stations-service. 

Ce climat pèse aussi sur le secteur privé. L'enquête mensuelle de conjoncture publiée par la Banque de France le 10 mars signale un net rebond de l'incertitude chez les chefs d'entreprise, inquiets de ces surcoûts opérationnels. L'exécutif observe une position de réserve, privilégiant une réponse internationale coordonnée lors de la prochaine réunion du G7 Finances prévue à la mi-mars, rapporte Brut. Sur le territoire national, les regards se tournent désormais vers le 25 mars 2026. La Banque de France dévoilera à cette date ses prévisions de croissance actualisées, qui viendront corriger l'estimation initiale actant une progression de 1 % pour l'année en cours.

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