Incendies : double peine pour ces travailleurs, forcés de brader leurs congés par leur employeur

Publié par Matthieu Chauvin
le 05/08/2026
Bureau de poste
Istock
Face aux violents incendies qui ravagent la Gironde en ce mois d'août 2026, un bras de fer s'engage entre La Poste et ses agents autour de la compensation des jours d'absence.

Le désastre écologique se transforme en crise sociale au sein du service public en Gironde. Alors que les flammes ont détruit des milliers d'hectares dans le Sud-Ouest, le droit du travail vient percuter la détresse des salariés victimes. 

Un préavis de grève déclenché contre la dette horaire

Le 5 août 2026, les syndicats CGT FAPT et SUD PTT ont déposé un préavis de grève pour dénoncer la gestion des ressources humaines face à la crise des feux de forêt. La direction impose en effet aux agents dans l'incapacité de se rendre au travail, en raison de routes coupées, de bureaux fermés ou d'évacuations forcées, de régulariser leur situation administrative.

Selon les communications de la direction, l'entreprise maintient la rémunération de ses collaborateurs afin d'éviter une baisse de revenus immédiate, n'ayant pas la possibilité de recourir au chômage partiel en tant que service public. En échange, La Poste exige que ces absences imprévues soient compensées par la pose de jours de congés payés ou de RTT. Une autre option proposée consiste à alimenter un compteur d'heures perdues que le personnel devra rattraper ultérieurement sur son temps de travail.

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L'impact de ce sinistre reste massif sur le territoire. D'après les derniers chiffres publiés par La Poste, environ 870 postiers se trouvent toujours éloignés de leur domicile à travers la Gironde, les Landes et le Var. Au 4 août, le réseau fonctionnait au ralenti avec 16 bureaux de poste et 21 sites partenaires toujours fermés dans les zones touchées par les flammes.

La force majeure juridique confrontée à une double peine

Pour les représentants du personnel, cette doctrine managériale s'apparente à une punition. Dans un communiqué publié le 30 juillet 2026, la CGT FAPT fustige cette approche et dénonce une mesure indécente : "On trouve le principe des 'heures perdues' qui consiste à autoriser les absences en les reportant sur un compteur, pour être effectuées ultérieurement [...] L'attitude du Groupe n'est pas à la hauteur de la gravité et de l'urgence de la situation !". Johnny Perré, délégué syndical pour la Gironde, a publié une vidéo explicite sur Facebook, rapporte BFM TV.

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Les agents évacués, parfois sous la menace de perdre leur foyer, estiment subir un préjudice moral en devant sacrifier leurs vacances pour une catastrophe dont ils sont les victimes directes. Une factrice témoignait auprès de France 3 régions la veille : "On n'est pas responsable de ce qu'il se passe. Je suis allée me réfugier loin du feu car en tant qu'asthmatique, j'ai peur des fumées toxiques. Les autorités n'ont pas encore autorisé le retour des habitants dans ma ville, et les routes sont fermées." Johnny Perré reproche d'ailleurs à La Poste ne de pas avoir fourni de masques FFP2 aux salariés, l'entreprise expliquant de son côté avoir assuré leur sécurité.

Face à ce compromis basé sur la récupération, les syndicats réclament l'activation des Autorisations Spéciales d’Absence (ASA). Ce dispositif interne permettrait de couvrir les journées manquantes sans aucune retenue financière ni rattrapage, à l'image des tolérances accordées pour certains événements familiaux ou missions de service public exceptionnelles.

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