Hantavirus à bord d’un navire de croisière : quel protocole pour la prise en charge des passagers ?

Publié par Sarah Martin
le 06/05/2026
Hantavirus à bord d’un navire de croisière : quel protocole pour la prise en charge des passagers ?
Istock
Une souris sur un navire
Alors que le MV Hondius devait rallier Tenerife, plusieurs passagers ont déjà été évacués dans le cadre de protocoles sanitaires stricts.

Alors que des évacuations médicales par pont aérien vers les Pays-Bas se déroulent ce 6 mai 2026, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclenché un protocole sanitaire strict. Le navire effectuait la liaison entre Ushuaïa en Argentine et le Cap-Vert avant l'interruption soudaine du voyage. Ce dispositif vise à protéger les passagers isolés et à organiser les étapes complexes de leur prise en charge avant un rapatriement entièrement sécurisé.

Alerte sanitaire sur le MV Hondius avec trois morts et des évacuations d'urgence

L'immobilisation soudaine du navire de croisière battant pavillon néerlandais au large de Praia, au Cap-Vert, provoque une onde de choc. Ce mercredi 6 mai, les autorités sanitaires ont déclenché l'évacuation médicale immédiate de trois cas suspects. Le bilan s'alourdit lourdement avec trois décès confirmés, incluant un couple de Néerlandais et une ressortissante allemande, selon les informations concordantes de l'AFP. 

Au total, six cas ont été formellement identifiés depuis le départ initial du bateau d'Ushuaïa. L'opération logistique actuelle implique le transfert par avion hautement médicalisé de deux membres d'équipage et d'un cas contact vers les Pays-Bas. Ces patients nécessitent une prise en charge spécialisée dans des infrastructures adaptées. Les experts s'interrogent activement sur la manière dont le virus a pu tromper la vigilance des autorités portuaires lors de l'embarquement, malgré les contrôles drastiques appliqués au départ d'Argentine.

"Le risque global pour la santé publique demeure faible"

L'hantavirus constitue une infection exceptionnellement rare en milieu maritime. Généralement transmis par les rongeurs, le pathogène détecté à bord correspond à la souche des Andes, souligne le quotidien Libération. Cette variante spécifique présente un risque avéré de transmission interhumaine lors de contacts particulièrement étroits, soulevant des craintes légitimes pour les voyageurs non directement exposés. 

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Selon les données cliniques partagées par l'OMS, le diagnostic repose sur l'évolution rapide des symptômes. L'infection débute par une phase grippale classique, associant fièvre et maux de tête, avant d'évoluer potentiellement vers un syndrome respiratoire aigu sévère. Face à cette urgence inédite, l'action internationale s'accélère. L'OMS, les autorités cap-verdiennes et le ministère espagnol de la Santé coordonnent minutieusement leurs efforts pour sécuriser le périmètre. 

Sur le réseau social X, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS, rassure : "À ce stade, le risque global pour la santé publique demeure faible". De son côté, Ann Lindstrand, représentante de l'OMS au Cap-Vert, a précisé à l'AFP concernant les patients évacués : "tous trois sont dans un état stable et l'un d'eux est asymptomatique".

Jusqu'à 6 semaines d'incubation

La vie à bord s'organise désormais sous un confinement extrêmement rigoureux pour les 88 passagers et 59 membres d'équipage, issus de 23 nationalités différentes. Le protocole sanitaire imposé inclut l'isolement en cabine, le respect absolu de la distanciation physique lors des ravitaillements, et un dépistage systématique coordonné par une équipe d'épidémiologistes. 

Les voyageurs confinés bénéficient de solides garanties de soins médicaux continus jusqu'à leur retour sur la terre ferme. Le navire se déroute actuellement vers le port de Granadilla, à Tenerife. Cette escale sous haute surveillance est prévue d'ici trois jours. Sur place, les 147 personnes restantes subiront des examens approfondis par les autorités sanitaires espagnoles, rapporte La Croix. Le ministère de la Santé rappelle que la période d'incubation du hantavirus varie de une à six semaines

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