Taille, gestuelle, mort... : Napoléon en cinq idées reçuesAFP
Depuis toujours, la légende du petit caporal devenu maître du monde fascine au point de propager de nombreuses rumeurs souvent infondées.

Alors que les pays coalisés contre la France en 1815 commémorent le bicentenaire de la défaite de l’Empereur à Waterloo (Belgique), voici cinq idées fausses sur Napoléon Bonaparte qui ont la vie dure.

Napoléon était petit

Sans doute l’idée reçue la plus partagée et la plus tenace : Napoléon n’était pas grand, il était même de petite taille. Pourtant, l’Empereur n’était pas si petit que ça s’il on rapporte sa taille à la moyenne de l’époque ; il était même, avec son 1,68 mètre, au-dessus de celle-ci. Pour expliquer cette vue de l’esprit, on pense au fait que Napoléon était souvent vu et peint aux côtés des hommes de sa Garde impériale, sélectionnés pour leur grande taille, ce qui aurait pu déstabiliser la perception de la taille réelle de Napoléon. De plus, la propagande britannique montrant souvent ce dernier de manière réduite pour le ridiculiser n’a pas arrangé la chose…

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Napoléon se tenait le ventre à cause de douleurs à l’estomac

Pour l’éternité, Napoléon Bonaparte sera représenté avec son illustre bicorne et… la main droite à l’intérieur de sa veste. Beaucoup de spéculations sont très vite apparues pour expliquer cette gestuelle de l’Empereur que l’on retrouve par exemple figée dans le tableau de David, Napoléon dans son cabinet de travail. On a longtemps cru que Napoléon faisait cela pour appuyer sur son ventre avec sa main afin de calmer ses douleurs à l’estomac.

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En fait, la réponse est plus simple. Il s’agit d’une gestuelle propre à la bienséance de l’époque qui voulait que l'on mît la main à l’intérieur du gilet plutôt que de laisser ses bras ballants ou derrière le dos. Petite précision : les culottes et pantalons de l’époque ne contenaient pas de poches.

Napoléon a incendié la ville de Moscou

Le 14 septembre 1812, Napoléon et la Grande Armée arrivent au point le plus reculé des conquêtes napoléoniennes : Moscou. L’armée du tsar Alexandre Ier ayant quelques jours plus tôt quitté la capitale russe dans une politique clairement affichée dite de "la terre brûlée". Mais peu de temps après l’arrivée de l’Empereur, la ville principalement construite en bois commence à s’embraser à plusieurs endroits, au même moment.

C’est avec peine que les Français essaient d’éteindre l’incendie qui ne sera totalement maîtrisé que le 20 septembre. Auparavant, l’incendie aura détruit les neuf dixièmes de la capitale russe. La propagande russe essaiera de diffuser en Europe l’idée que Napoléon et ses hommes avaient provoqué ce gigantesque incendie. Mais en fait, ce sont les Russes eux-mêmes, par l’ordre du gouverneur de la ville, Fiodor Rostoptchine, qui ont embrasé la ville afin de piéger les Français et de les priver de ressources en tout genre.

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Napoléon n’a jamais voulu la paix en Europe

L'Empereur était-il ce tyran sanguinaire qui ne reculait pas devant le nombre de morts pour assouvir ses désirs de conquêtes ? Pas si sûr. Certes, Napoléon a eu des moments de faiblesses, lorsqu'il condamna à mort le duc d'Enghien ou lorsqu'il ordonna de tuer les pestiférés de Jaffa. Mais, chose peu connue, Napoléon est aussi un homme de paix ; à plusieurs reprises, il a voulu mettre un terme aux conflits avec les puissances voisines.

Ainsi, le Premier Consul Bonaparte signe la paix d'Amiens avec les Anglais en 1802 mais ceux-ci ne respectent pas les clauses du traité, alors Bonaparte décide d'envahir l'île avant de se raviser. Plus tard, il signera la paix de Tilsit en 1807 avec le tsar Alexandre Ier mais ce dernier manigançait avec l'Angleterre dans le dos de Napoléon. Un affront qui a conduit l'Empereur à envahir la Russie jusqu'à Moscou. Même à Moscou, alors que les Russes avaient mis le feu à la ville, Napoléon envoya une lettre de paix au tsar... qui ne lui répondit pas.

Napoléon est mort empoisonné

L’Empereur serait mort des suites d’un empoisonnement à l’arsenic perpétré par les britanniques...

Le 5 mai 1821, Napoléon Bonaparte meurt sur l’île de Sainte-Hélène. D’après son désir, le corps de l'Empereur fut autopsié le lendemain par François Antommarchi, un médecin français, afin de déterminer la cause physique de sa maladie : Napoléon était persuadé d’être atteint d’un cancer de l’estomac comme son père autrefois.

L’autopsie officielle confirme la mort à la suite d’un cancer de l’estomac mais celle-ci a donné lieu à de nombreuses interprétations par la suite. Surtout lorsqu’un stomatologue suédois, en 1955, émet l’hypothèse d’un empoisonnement à l’arsenic après avoir mesuré le degré de concentration du poison dans des mèches de cheveux censées avoir appartenues à l’Empereur.

Mais les historiens Thierry Lentz et Jean Tulard, spécialistes de l’ère napoléonienne, remettent en cause cette version de l’histoire ainsi que de nombreuses conclusions de laboratoires européens qui indiquent, certes, une proportion élevée d’arsenic dans ses cheveux, mais pas plus que le taux contenu dans ceux de sa femme Joséphine ou de son fils, le roi de Rome.

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