Bilan de la mortalité en France : ces maladies restent les principales causes pour 2024-2026

Publié par Matthieu Chauvin
le 23/06/2026
Morgue
Istock
Photo d'illustration
Une vaste étude publiée ce mardi 23 juin 2026 dévoile que malgré un taux de mortalité historiquement bas en France, les cancers et les maladies cardiovasculaires demeurent les principales causes de décès.

Le paysage sanitaire français se dessine avec de nouvelles nuances à la suite des années marquées par le Covid-19. Santé publique France, en collaboration étroite avec l'Inserm et la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), a dévoilé ce mardi son rapport de référence sur l'état de la santé dans l'Hexagone. Ce document exhaustif dresse le portrait précis des menaces qui pèsent sur la population et révèle les effets durables des récentes crises sur notre espérance de vie.

Un taux de mortalité au plus bas malgré un contexte post-pandémique

La publication de ce bilan statistique annuel, ce mardi 23 juin 2026, apporte un éclairage inédit sur la démographie et la santé des Français. Selon les données conjointes de la Drees et de l'Inserm, 641 000 décès ont été enregistrés en 2024 sur l'ensemble du territoire. Les analystes soulignent un véritable paradoxe au sein de ces registres. 

D'un côté, le taux de mortalité standardisé, qui gomme les effets du vieillissement de la population, atteint un niveau de baisse tendancielle historique. Il s'établit exactement à 777,9 pour 100 000 habitants. 

De l'autre côté, ce chiffre reste pourtant "supérieur aux projections pré-pandémiques", précise le communiqué de Santé publique France. Cette différence marque une traîne indéniable des effets de la crise sanitaire, montrant que le pays n'a pas totalement retrouvé sa trajectoire d'avant 2020.

Tumeurs et maladies cardiovasculaires en tête des signaux d'alerte

Le classement des principales causes de disparition demeure largement dominé par un duo solidement ancré. Les tumeurs, responsables de 27,1 % des morts, et les maladies de l'appareil circulatoire, pesant pour 21,2 %, représentent près de la moitié des décès recensés en France. Santé publique France rappelle à ce titre que les "tumeurs restent la première cause de décès chez l'homme et la seconde chez la femme." Si la mortalité par cancer affiche un recul global encourageant, une exception inquiétante se dessine clairement dans le rapport. Les décès liés aux cancers du pancréas et du poumon progressent de façon marquée chez les femmes.

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Cette hausse constitue un triste reflet de l'augmentation du tabagisme féminin lors des décennies précédentes. Par ailleurs, le bilan met en évidence le retour prononcé des pathologies respiratoires classiques. La virulence exceptionnelle de l'épidémie de grippe durant l'hiver 2024-2025 a lourdement pesé sur les structures de soins et sur le bilan sanitaire de cette année.

Dépistage et prévention pour inverser la tendance

Face à la persistance tenace de ces statistiques, l'adoption de comportements préventifs ciblés s'impose pour la santé publique. Le dépistage précoce constitue l'arme de première ligne contre les cancers. Un suivi médical régulier, facilitant l'accès aux mammographies, aux coloscopies et au dépistage pulmonaire pris en charge par l'Assurance Maladie, permet d'intercepter les tumeurs avant l'apparition de symptômes sévères. Concernant la vigilance cardiovasculaire, les experts recommandent une gestion stricte des facteurs de risque personnels.

Combattre activement l'hypertension artérielle, contrôler son taux de cholestérol et rompre avec la sédentarité s'avèrent des mesures nécessaires pour réduire le poids des maladies circulatoires. Enfin, les enseignements tirés de la récente crise grippale rappellent la nécessité de la prévention hivernale. La vaccination annuelle protège efficacement les personnes âgées de plus de 65 ans et les patients fragiles, limitant considérablement l'impact dévastateur des futurs virus respiratoires.

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