Suite à l'arrestation musclée du jeune Théo par quatre policiers, l'Inspection générale de la police nationale a réalisé une enquête. Elle vient d'écarter la thèse du "viol", pour celle de "l'accident".
AFP

Une semaine après l'arrestation musclée de Théo, 22 ans, à Aulnay-sous-Bois, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) vient de rendre ses premières conclusions. Pour rappel, l'un des quatre policiers, soupçonné d'avoir introduit sa matraque dans l'anus de Théo et de l'avoir grièvement blessé, a été mis en examen pour "viol".

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Seulement, jeudi, l'IGPN, après visionnage des vidéos et écoute des témoignages, considère le geste du policier comme "non intentionnel". Dans son rapport remis à la juge d'instruction, "la police des polices" retient la thèse de l'accident et estime qu'il n'y a pas eu viol parce qu'il n'y avait pas intention de commettre un crime sexuel. Selon l'IGPN, lors de l'interpellation, une bagarre éclate entre les policiers et Théo, le jogging du jeune homme est baissé, avant que le policier lui donne des coups de matraque, ce qui aurait occasionné les blessures dont souffre la victime.

L'IGPN prononce 500 sanctions chaque année

Mais qui sont ces super-policiers chargés d'enquêter sur leurs confrères ? L'IGPN est dépendante du ministère de l'Intérieur et comprend des commissaires et des officiers de polices judiciaires. Dans le langage populaire, ces derniers sont appelés les "boeufs-carottes" - expression popularisée par la série éponyme avec Jean Rochefort - car ils ont la réputation de "cuisiner" longtemps les personnes qu'ils interrogent. 

De manière factuelle, l'IGPN est en charge du contrôle des personnels de police, ce qui lui vaut aussi le surnom de "police des polices". Un contrôle qui peut prendre la forme d'un audit (réévaluation et amélioration des conditions dans les commissariats) ou un caractère normatif : elle instruit alors les affaires disciplinaires et pénales concernant les personnels administratifs et les policiers, notamment dans le cadre d'enquêtes qui lui sont confiées par les autorités administratives et judiciaires qui peuvent la saisir. Le ministère de l'Intérieur, le Préfet de police et le Directeur général de la police peuvent également saisir l'IGPN. 

Chaque année, l'IGPN reçoit 2 500 plaintes de personnes qui mettent en cause le comportement d'agents de police, et prononcent 500 sanctions. 

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