Le président tunisien gouverne désormais par décret et s'est arrogé tous les pouvoirs. Plus de deux mois après son coup de force, légitimé par la violence islamiste au Parlement, le chef de l'État entraine-t-il son pays vers une nouvelle dictature ?
Tunisie : le président Kaïs Saïed, pire que Ben Ali ?

Une malédiction ronge le monde arabe : il n’aurait le choix qu’entre l’islamisme et la dictature. La Tunisie espérait défier cette fatalité. Quand le président Kaïs Saïed, le 25 juillet dernier – avec en toile de fond le chaos sanitaire et économique – a limogé le gouvernement, gelé le Parlement, devenu le théâtre de la violence des députés islamistes, et décrété l’État d’exception, on a refusé dans ces colonnes de crier au coup d’État. C’était la version d’Ennahdha, le parti des Frères musulmans, qui se posait en victime. Saïed aurait pu, au bout de l’échéance annoncée des 30 jours, choisir la voie de la rationalité politique, tunisienne par excellence.Plus de deux mois après, il annonce un train de mesures inquiétantes. L’énumération des pouvoirs présidentiels, publiée au Journal officiel, fait dresser les cheveux sur la tête. Les textes de loi sont promulgués par décret, directement par le chef de l’État. De l’information à la justice, en passant par l’intégralité du champ social, économique et culturel, c’est lui qui gouverne. « L’instance de contrôle de la constitutionnalité des projets de loi est supprimée », prévoit le texte. Ce qui évitera les fatigants débats sur la...

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