L'âge légal de départ à la retraite risque fortement d'augmenter, en dépit de la promesse d'Emmanuel Macron. Vous pourriez bien être contraints de travailler plus longtemps…
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Retraite : vers le report inévitable de l’âge légal ?

Emmanuel Macron l’avait promis : il ne touchera pas à l’âge légal de départ à la retraite. Toutefois, d’après certains économistes, cette situation ne pourra pas durer éternellement. C’est notamment le cas de l’économiste libéral François Ecalle, président du Fipeco, qui estime dans les colonnes de Capital  qu’il "faudra bien reculer l’âge de la retraite".

En cause ? L’équilibre financier du régime général qui est remis en cause par les problèmes démographiques que connaît la France. Une analyse partagée par le Conseil d’orientation des retraites (COR), selon qui le solde financier du système de retraite demeurerait durablement déficitaire à l’avenir. Meilleure façon, selon l’organisme, de palier ce déséquilibre ? Repousser l’âge de départ à 63 ans des 2025 et à 64 au moins dès 2035.

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"Le COR est un organisme connu pour son optimisme. Pourtant, il parle de déficit du système des retraites dès 2022", rappelle Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l’Epargne. "Aujourd’hui on mène politique de l’autruche", juge l’économiste qui estime qu’Emmanuel Macron entend "éviter les sujets qui fâchent". "Les syndicats refusent le report de l’âge légal du départ à la retraite, seule solution pour un système équilibré de façon durable, tandis que le patronat ne veut pas entendre parler de hausse des cotisations pour financer les retraites". Il évoque un "jeu de dupe ou personne ne l’est vraiment", au micro de Planet.

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Retraite : le Sénat a déjà voté un report de l’âge légal de départ

Si ce report de l’âge légal de départ à la retraite n’aura pas nécessairement lieu sous Emmanuel Macron, le Sénat l’a déjà voté mi novembre, rappelle Public Sénat. Dans le cadre de l’examen du budget de la Sécurité sociale 2019, le 16/11/2018, les groupes LR et UDI ont adopté la mesure, qu’ils estiment être "une condition impérative pour assurer l’équilibre de notre système de retraites et assurer un niveau de vie satisfaisant à nos retraités", comme l’explique le sénateur René-Paul Savary.

Toutefois, c’est l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot et devrait logiquement revenir sur cette version remaniée du texte, poursuit le site d’information.