Lundi, à l'issue d'un long suspense, le président a nommé le maire (LR) du Havre au poste de Premier ministre. Pourtant, Edouard Philippe n’a pas toujours été tendre avec lui.

"Un homme de droite" qui n’a pas toujours épargné Emmanuel Macron. Lundi après-midi, l’Elysée a annoncé le nom du Premier ministre choisi par le nouveau président. Il y a peu, Edouard Philippe, maire LR du Havre, n’hésitait pourtant pas à critiquer Emmanuel Macron, son projet et doutait même de sa capacité à rassembler.

Interrogé à de nombreuses reprises sur Emmanuel Macron, Edouard Philippe n’a jamais dissimulé le regard critique qu’il portait sur ce dernier. "Quand il s’exprime sur tout plein de choses, je me dis que c’est dommage qu’il n’ait pas été ministre de l’Economie parce qu’il aurait pu les faire. Ah pardon, il était ministre de l’Economie avant et il ne l’a pas fait", avait déclaré le nouveau locataire de Matignon sur le plateau des Echos en octobre dernier. "C’est la grande inconnue (…) : qu’est-ce qu’il ferait s’il était élu président de la République ? Et avec qui ?", avait-il encore indiqué sur Radio Classique en mars dernier.

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"Pour d'autres, il serait Brutus, fils adoptif de César"

Auteur de chroniques sur la campagne présidentielle, Edouard Philippe a également attaqué le candidat d’en Marche dans les colonnes de Libération. "Qui est Macron ? Pour certains, impressionnés par son pouvoir de séduction et sa rhétorique réformiste, il serait le fils naturel de Kennedy et de Mendès France. On peut en douter. Le premier avait plus de charisme, le second plus de principes. Pour d'autres, il serait Brutus, fils adoptif de César. (…) Mais Brutus, homme d’action, dresse son bras vengeur tandis que Macron, banquier technocrate, est 'en marche'", a-t-il écrit le 18 janvier dans le quotidien.

Ses critiques vis-à-vis de celui qui l’a désigné à son nouveau poste remontent à plus loin encore. Un tweet du nouveau Premier ministre datant d’août 2014, lorsqu’Emmanuel Macron, "ancien banquier de chez Rothschild" venait d'être nommé à Bercy a été retrouvé, accompagné d’un mot-clé #FinanceEnnemie. Son avis a visiblement évolué en trois ans.

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