SMIC à 1600 euros et taxation de l'héritage : le virage à gauche du PS pour reconquérir son électorat

Publié par Matthieu Chauvin
le 23/04/2026
Olivier Faure
abacapress
© Lafargue Raphaël/ABACA
À l'approche de la présidentielle 2027, le Parti Socialiste dévoile ses premières mesures choc, entre un SMIC promis à 1600 euros net, une refonte de la fiscalité sur l'héritage et l'instauration d'une taxe pour les ultrariches, promettant de transformer le pouvoir d'achat et la transmission du patrimoine.

La course à l'Élysée s'accélère. Mardi 21 avril 2026, le Parti Socialiste a publié son document d'orientation économique, fixant le cap d'une rupture assumée avec la politique de l'offre de l'exécutif actuel. Le mouvement entend replacer la justice fiscale au centre des débats électoraux.

Le PS lance sa campagne avec un programme de rupture sociale

Ce programme s'articule autour de trois piliers majeurs : une hausse significative du salaire minimum, une révision en profondeur des droits de succession et la création d'un impôt ciblant les plus fortunés.

Selon Olivier Faure, premier secrétaire de la formation, interrogé sur BFMTV/RMC en octobre 2025, le postulat de base s'appuie sur une exigence d'équité : "On ne peut pas demander aux classes populaires de payer l'impôt que les milliardaires ne veulent pas payer." Cette feuille de route marque une volonté de se distancier des mesures perçues comme trop favorables aux grandes entreprises, afin d'imposer une nouvelle répartition des richesses.

Les mécanismes du SMIC à 1600 euros et de la taxe Zucman

Face à une inflation persistante, le projet prévoit d'élever le SMIC à 1600 euros net, creusant l'écart avec son niveau fixé au 1er janvier 2026. Les économistes consultés par la gauche (qui ne sont sans doute pas de droite...) affirment que cette augmentation des salaires stimulera directement la consommation intérieure. Pour protéger les très petites et moyennes entreprises face à ce surcoût et financer la transition, des mécanismes de compensation spécifiques verront le jour, évitant ainsi un risque de faillites en chaîne.

En parallèle, les stratèges du PS intègrent au programme la fameuse "taxe Zucma". Ce dispositif imposerait un taux plancher de 3 % sur les patrimoines excédant 10 millions d'euros. Un rapport relayé par la chaîne Public Sénat évalue le rendement de cette mouture allégée entre 5 et 7 milliards d'euros. La version initiale prévoyait de taxer près de 1 800 foyers fiscaux pour récolter 15 milliards d'euros. Dans un climat budgétaire tendu, marqué par un déficit public bloqué à 5 % du PIB et un recours systématique à l'article 49.3, le parti préfère lever de nouvelles recettes fiscales ciblées plutôt que de réduire les dépenses publiques.

Vous avez aimé cet article ?

Vers une refonte des successions et de la transmission du patrimoine

La transmission de l'héritage constitue l'autre grand chantier de ce programme. Le projet instaure un prélèvement social de 1 % sur les grandes successions, d'après les informations rapportées par La Tribune. Cette manne financière doit servir à alimenter la branche autonomie de la Sécurité sociale, dédiée à la prise en charge de la dépendance. Ce prélèvement s'appliquerait uniquement après l'abattement actuel de 100 000 euros en ligne directe.

Si les petites successions restent protégées par ce seuil, les classes moyennes supérieures et les propriétaires d'un important parc immobilier s'exposent à une fiscalité alourdie. Le parti s'attaque également aux niches fiscales en s'inspirant des recommandations du Conseil d'analyse économique, auteur du rapport de référence "Repenser l'héritage". L'attention se focalise sur le pacte Dutreil, accusé d'autoriser la défiscalisation de biens personnels, tels que des yachts ou des jets privés, sous le paravent d'actifs professionnels. Les règles de ce dispositif subiraient un durcissement drastique pour empêcher ces stratégies d'optimisation.

Google News Voir les commentaires