Le président de la République est, paraît-il, particulièrement angoissé. Il s'inquiète notamment de sa réélection en 2022 et du vote de sa réforme des retraites. A moins que tout ceci ne soit qu'un calcul politique ?
Réforme des retraites, présidentielle… Les angoisses d'Emmanuel MacronAFP

"Il a peur que le texte ne passe pas", assène sans trembler Manuel Bompard, député européen La France Insoumise, sur le plateau de France Info, le dimanche 23 février. L'élu, fermement opposé à la réforme des retraites que porte l'exécutif en est convaincu : le vote du projet de loi effraie beaucoup au sommet de l'Etat. "La réalité, c'est que le gouvernement est en train de faire monter les situations de blocage pour pouvoir dire qu'il est obligé d'utiliser le 49.3 parce qu'il a un problème avec sa propre majorité, parce que chaque semaine il y a des députés LREM qui quittent la majorité", poursuit le parlementaire qui n'hésite pas à afficher son ambition.

"Notre objectif est de ralentir et d'essayer de faire en sorte que ce projet de loi ne voit pas le jour. Nous le rejetons. Mais nos interventions sont toujours sur le fond et ont permis de soulever un certain nombre d'éléments cachés. Le gouvernement, s'il veut sortir de cette situation de blocage, ce n'est pas le 49.3 qu'il doit utiliser, c'est le référendum", assure-t-il.

Ce qu'il avance, sur les départs à La République en Marche au moins, n'est pas faux. Comme le rappelle le Journal du Dimanche, quatre élus ont décidé de marquer leur distances avec le mouvement, voire avec le groupe majoritaire du Palais Bourbon. "Nous étions venus pour un idéal, beaucoup sont déçus", ont-il affirmé dans les colonnes de l'hebdomadaire. "Je pense que le groupe va s'effilocher avec le temps. Il y aura encore d'autres départs", a tenu à préciser l'un d'entre eux. En tout et pour tout, depuis le début de la mandature d'Emmanuel Macron, le président a dû faire face à 19 défections. De quoi donner des cheveux blancs au chef de l'Etat ? Peut-être.

Vote de la réforme des retraites : Emmanuel Macron a-t-il du soucis à se faire ?

"On a vu apparaître, au fil des mois, une fragilisation indéniable de la majorité parlementaire. Cela a commencé avec la désapprobation affichée de la CFDT et les élus La République en Marche l'ont ensuite expliqué au président de la République", reconnaît Olivier Rouquan, politologue et constitutionnaliste, chercheur associé au CERSA. "Pour autant, je ne pense pas qu'il faille craindre que les députés LREM aillent à l'encontre de la volonté macronnienne. Ce serait prendre un risque important et mettre en danger la cohésion du gouvernement", affirme-t-il.

Néanmoins, c'est inquiétude n'est peut-être pas insensée, estime le chercheur. Il pourrait, en effet, s'agir d'un calcul réfléchi du locataire de l'Elysée. "En surestimant cette angoisse, Emmanuel Macron trouve une justification efficace à l'usage du 49-3. C'est une façon de vendre à la population, assez récalcitrante à ce type de passage en force, sa potentielle utilisation par l'exécutif", précise-t-il, non sans juger que cette manoeuvre reflète la "volonté ferme de tenir le calendrier que le gouvernement a imposé". "Dans les faits, le vote du texte aurait très bien pu passer par une procédure normale", poursuit-il.

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