Patrick Balkany à nouveau très lourdement condamné, pour détournement de fonds publics

Publié par Matthieu Chauvin
le 28/05/2026
Patrick Balkany
abacapress
© Zuma/ABACA
Nouveau revers judiciaire pour Patrick Balkany, condamné ce jeudi 28 mai 2026 par le tribunal de Nanterre à de la prison ferme pour détournement de fonds publics, marquant ainsi la fin de son ère politique.

Cette nouvelle décision de justice vient clore un dossier emblématique des dérives de la gestion municipale. La justice reproche à l'ancien homme fort des Hauts-de-Seine d'avoir notamment confondu les caisses de sa ville avec ses intérêts privés pendant plus d'une décennie. Un verdict scruté de près par les observateurs de la vie politique, qui pose à nouveau la question de l'exemplarité des élus et des conséquences financières directes pour les contribuables locaux.

Un verdict de Nanterre très sévère malgré l'absence de Patrick Balkany

Les sentences sont tombés ce jeudi 28 mai 2026. La 15e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre a rendu son délibéré à l'encontre de l'ancien maire de Levallois-Perret, comme le rapporte l'AFP. La sanction prononcée par les magistrats s'avère particulièrement lourde : quatre ans de prison, dont trois ans ferme, assortis d'une forte amende de 500 000 euros. La justice a également acté une peine d'inéligibilité d'une durée de dix ans.

L'audience s'est déroulée sans la présence du principal intéressé. Le tribunal n'a pas ordonné de mandat de dépôt immédiat. Les juges ont pris en considération le dossier médical de Patrick Balkany, actuellement hospitalisé. Selon les informations du Figaro, cette hospitalisation a pesé dans la balance pour lui éviter une incarcération sur-le-champ, bien que l'article 432-15 du Code pénal prévoie des peines allant jusqu'à dix ans d'emprisonnement pour de tels 

Chauffeurs privés et emploi de complaisance financés par la ville

Lors des audiences tenues en janvier 2026, les magistrats ont décortiqué un système bien rodé impliquant les agents de la police municipale de Levallois-Perret. Pendant près de 14 ans, ces fonctionnaires ont été détournés de leurs missions initiales de sécurité pour agir comme des chauffeurs personnels. Ils accompagnaient régulièrement l'élu en vacances ou effectuaient ses courses domestiques, aux frais de la commune.

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Le tribunal a pointé un second volet délictuel concernant l'embauche d'un individu nommé Renaud Guillot-Corail. Cet ancien collaborateur bénéficiait d'un véritable emploi de complaisance. Les juges ont estimé ses fonctions réelles au sein de la mairie totalement inexistantes. "Le tribunal a retenu une volonté délibérée de confondre les moyens de la commune avec des intérêts personnels", souligne la présidente du tribunal dans la lecture de son délibéré. Dans cette affaire, il écope, en plus, de 30 mois de prison dont 15 mois avec sursis simple, 350 000 euros d'amende et la même peine d'inéligibilité.

Ces dérives répétées, entièrement payées par le budget municipal, constituent légalement un grave détournement de fonds publics. Les finances de la ville, et par extension les impôts des administrés, ont directement supporté le coût du temps de travail de ces policiers municipaux. Les contribuables de Levallois se retrouvent ainsi les premières victimes financières de ce système opaque.

Les conséquences judiciaires et politiques

L'histoire judiciaire n'est pas définitivement terminée. Me Robin Binsard, l'avocat de Patrick Balkany, a immédiatement annoncé faire appel de cette décision. Cette démarche juridique suspend de fait l'exécution de la peine de prison et le paiement de la lourde amende. La défense dénonce une sanction excessive face aux faits reprochés. "C'est une peine d'une sévérité disproportionnée qui ne tient pas compte de la réalité du travail fourni par le collaborateur visé", a déclaré le conseil de l'ancien maire au micro de BFM TV. La peine d'inéligibilité, elle, peut s'appliquer par exécution provisoire.

Politiquement, cette interdiction de se présenter à une élection pendant dix ans scelle définitivement la carrière de l'ancien édile. Ce nouveau chapitre s'ajoute à une longue liste de précédentes condamnations ayant déjà entaché son image publique. Le retour aux affaires s'avère désormais impossible, à 77 ans.

Son avocat a d'ailleurs reconnu, cité par nos confrères : "La seule chose qu'on peut saluer c'est que Patrick Balkany ne dormira pas en prison ce soir, que les juges ont décidé de lui accorder une peine qui est aménageable", indiquant qu'une peine de trois ans ferme était "immédiatement aménageable quand on a plus de 70 ans et peut être réalisé sous liberté conditionnelle".

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