Menaces de sanctions contre une chroniqueuse de Cnews pour ingérence russe

Publié par Matthieu Chauvin
le 04/06/2026
Xenia Fedorova
Capture vidéo
© Capture vidéo Cnews
La pression monte à Bruxelles où 25 eurodéputés exigent des sanctions ciblées contre Xenia Fedorova, ex-patronne de RT France devenue chroniqueuse sur CNews, relançant le brûlant débat sur la lutte contre l'ingérence étrangère.

Depuis plusieurs jours, le cas de la journaliste russe enflamme les couloirs du Parlement européen. Accusée de relayer les éléments de langage du Kremlin sur les antennes du groupe Bolloré, Xenia Fedorova se retrouve au cœur d'une bataille politique majeure. Entre défense stricte de la liberté d'expression et protection de l'espace médiatique national face à Moscou, cette affaire secoue les plus hautes instances.

L'offensive de Bruxelles pour sanctionner la propagandiste russe

L'offensive de Bruxelles se matérialise par une demande de sanctions individuelles. Une lettre officielle a atterri sur les bureaux de la Commission européenne et du Conseil européen le 3 juin 2026. Selon l'Agence Europe, 25 eurodéputés du groupe centriste Renew Europe, sous l'impulsion de Nathalie Loiseau, exigent des mesures fortes et rapides. Ces élus qualifient sans détour Xenia Fedorova de "propagandiste russe notoire" et réclament son ajout immédiat sur la liste noire de l'Union européenne.

Les signataires dénoncent une "diffusion de narratifs ouvertement manipulateurs" autour du conflit en Ukraine, diffusés en toute impunité sur des chaînes privées françaises. Les eurodéputés estiment que la complaisance a assez duré face à une stratégie de déstabilisation orchestrée depuis Moscou.

De RT France à CNews, un parcours sous haute surveillance

Ce parcours médiatique fait l'objet d'une attention gouvernementale intense. Ancienne figure de proue et directrice de l'information de Russia Today (RT) France avant son interdiction formelle en 2022, la journaliste s'affiche désormais comme chroniqueuse régulière pour CNews, Europe 1 et le JDNews. Cette omniprésence irrite profondément Bruxelles, qui compte dégainer son nouveau régime de sanctions adopté en octobre 2024. Ce dispositif inédit permet de cibler directement des individus pour manipulation de l'information et ingérence étrangère.

La polémique enfle également autour de sa situation administrative sur le sol français. La chroniqueuse a décroché une carte de résident de dix ans en 2024, un sésame qui fait bondir une partie de la classe politique. Sur France Inter le 1er juin 2026, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a pourtant défendu un renouvellement "de plein droit", assuré sans aucune "intervention de l'État."

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Le gouvernement se retrouve ainsi pris en étau entre l'application stricte du droit administratif et la pression politique croissante. Une explication juridique qui ne calme pas les ardeurs de Raphaël Glucksmann. Le député européen martelait sur RTL dès le 31 mai 2026 : "Il est temps de lui retirer le micro." De son côté, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, pointait déjà des "propos très graves" le 27 mai 2026.

Quelles conséquences pour l'espace informationnel européen ?

Si Bruxelles valide cette requête, la chroniqueuse risque d'importantes mesures coercitives. Une inscription sur cette liste de sanctions entraînerait un gel total de ses avoirs financiers et une interdiction stricte de séjourner dans l'espace Schengen, rendant physiquement impossibles ses passages télévisés. Cette offensive politique oblige les instances de régulation à réagir. L'affaire pourrait forcer l'Arcom à durcir ses contrôles sur le pluralisme et scruter de plus près l'origine des financements ou les influences éditoriales ciblant les médias privés français.

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