Affaire Dupont de Ligonnès : l'évêque de Carcassonne saisit l'Arcom contre M6 pour séquence trompeuse

Publié par Sarah Martin
le 03/06/2026
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AFP
Xavier Dupont de Ligonnès: l'évêque de Carcassonne va saisir l'Arcom après les prétendues révélations d'un homme "se présentant comme prêtre"
Ce mercredi 3 juin, l’évêque de Carcassonne et Narbonne a fermement contesté les déclarations d’un homme se présentant comme prêtre, qui affirmait sur M6 avoir recueilli la confession de Xavier Dupont de Ligonnès. Dénonçant une séquence « trompeuse pour le public », le prélat assure n’avoir jamais été contacté et annonce son intention de saisir l’Arcom.

Lors de son émission en direct du 2 juin 2026, M6 a choisi de donner la parole à un individu se faisant appeler "Père Marc", le visage dissimulé. Ce dernier a déclaré sans hésitation, devant des millions de téléspectateurs, avoir entendu la confession intime de Xavier Dupont de Ligonnès au cours de l'année 2022. Une déclaration retentissante pour une affaire figée depuis de nombreuses années.

Dès le 3 juin au matin, Mgr Bruno Valentin, l'évêque de Carcassonne et Narbonne, a officiellement annoncé la saisine de l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom). Le diocèse audois dénonce avec fermeté une séquence trompeuse. Les recherches sont formelles : l'individu présent sur le plateau n'est recensé dans aucun registre en tant que prêtre catholique sur ce territoire. "Ce n'est pas la première fois qu'il y a un emballement médiatique autour de cette affaire (...) Comment M6 peut à nouveau se prêter à une séquence pareille? Je ne comprends pas. Je suis en train de regarder les modalités pour saisir l'Arcom. J'ai l'intention de saisir l'Arcom", annonce-t-il à BFMTV.

L'évêché s'inscrit par la même occasion en faux concernant les règles ecclésiastiques prétendument assouplies à l'écran. Le responsable religieux réfute formellement avoir accordé la moindre autorisation pour lever le secret de la confession. Le droit canonique interdit strictement une telle transgression, un principe absolu qui s'impose à tous les clercs, y compris à la plus haute hiérarchie épiscopale.

Entre recherche d'audience et déontologie journalistique

Les vérifications internes menées par les services diocésains confirment l'absence totale d'un "Père Marc" exerçant dans la zone géographique indiquée par le programme. L'identité réelle de ce témoin mystère soulève ainsi d'importantes interrogations sur le processus de vérification des sources par les équipes de la chaîne de télévision.

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Dans sa démarche auprès du gendarme de l'audiovisuel, le représentant catholique dénonce un manquement patent à l'obligation de rigueur et d'honnêteté de l'information. "Je pense que, d'abord, il y a un dommage fait au diocèse de réputation parce qu'il y a forcément des gens qui, d'une manière ou d'une autre, vont prêter crédit à ce propos-là, mais surtout encore une fois, c'est trop grave. Les médias ont une responsabilité de vérité de leur travail à laquelle ils ne peuvent pas échapper juste pour faire de l'audience", indique l'homme d'Église.

Cette diffusion hasardeuse risque également d'entraver le travail minutieux des autorités judiciaires et d'affecter les proches des victimes. En distillant des informations potentiellement fabriquées sur une présence du suspect dans l'Aude en 2022, le format télévisé s'expose au reproche de brouiller les pistes de la Police Judiciaire de Nantes. Les enquêteurs traquent cet homme depuis 15 ans pour le quintuple meurtre de sa famille.

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