En retrait de la vie politique depuis longtemps, la maire de Lille a récemment décidé de se confier. Particulièrement remontée, elle règle ses comptes !
AFP

On ignore toujours si elle sera candidate à Lille en 2020. On sait en revanche, qu’elle n’apprécie que peu le dernier livre de François Hollande, Les leçons du Pouvoir (éditions Stock). Martine Aubry a confié à La Voix du Nord qu’elle trouvait l’ouvrage "attristant" et en a profité pour répondre aux passages la concernant. "Tout ce qu’il écrit est totalement ridicule et contradictoire. Je pense que c’est un livre d’autojustification dans lequel s’exprime, à l’évidence, une certaine aigreur", a-t-elle estimé.

Aujourd’hui, les prises de paroles de Martine Aubry se font rares. La maire de Lille, en fonction depuis le 25 mars 2001, récuse catégoriquement une alliance potentielle avec La République En Marche (LREM) aux prochaines municipales, si elle devait être candidate. Si c’était le cas, d’ailleurs, aucun candidat potentiel ne semble en mesure de lui résister. Même en restant relativement éloignée du feu des projecteurs, elle reste très appréciée des sympathisants et des militants du parti socialiste et, d’une façon générale, de la gauche gouvernementale.

Un soutien de poids pour Olivier Faure ?

Est-ce à dire que la socialiste a encore une longue vie politique devant elle ? Rien n’est moins sûr. Pour Bruno Jeudy, rédacteur-en-chef des rubriques politique & économie chez Paris Match, "il y a belle lurette qu’elle a tiré un croix sur sa carrière politique nationale. Elle s’est retirée dans son fief de Lille et réserve son talent pour sa métropole, qu’elle gère depuis des années." Au micro de Planet, il souligne d’ailleurs qu’elle s’est tenue à l’écart du dernier congrès du Parti Socialiste. "Elle a fait montre de son soutien à Olivier Faure, qui était par le passé son attaché parlementaire. Il se décrit d’ailleurs comme le fils unique de Martine Aubry et de François Hollande."

Naturellement, l’édile de la cité Nordiste continuera à peser au sein du PS. D’une certaine façon. "C’est la personnalité préférée des sympathisants et des militants de gauche gouvernementale. Ce n’est pas son impact. De près ou de loin, Olivier Faure devrait continuer à la consulter, ne serait-ce que parce qu’elle reste une figure morale importante du parti. Elle est entendue par tous les courants qui peuvent encore exister en son sein", estime le journaliste. A ses yeux, c’est notamment dû à une certaine nostalgie qui entoure la socialiste. "Martine Aubry incarne les dernières années de la gauche redistributive. Particulièrement après le quinquennat de François Hollande, caractérisé par une gauche gestionnaire."

Une nostalgie bien insuffisante, néanmoins, pour constituer un vrai capital politique. "Martine Aubry s’est mise en retrait de la vie politique il y a longtemps. Elle ne sort de son silence que pour protester. Hier contre Valls et Hollande, aujourd’hui contre Macron. Elle a perdu la primaire de la gauche face à François Hollande. Durant son quinquennat, elle a entretenu une attitude ambigüe, mais déterminante dans l’échec du président de la République. Tous ces éléments entachent mécaniquement sa crédibilité. Elle, et un pan considérable de cette génération, font partie du passé en politique", explique Bruno Jeudy pour qui le parti doit se reconstruire de fond en comble avec d'autres visages, plus neufs. Potentiellement des inconnus ou d'anciens ministres de François Hollande qui décideraient de revenir en politique. Najat-Vallaud Belkacem, par exemple, ou Pierre Moscovici entre autres.

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