Les Écologistes veulent instaurer une nouvelle taxe... pour sauver les bistrots !

Publié par Matthieu Chauvin
le 01/06/2026
Marine Tondelier
abacapress
© Blanquart Ch/ANDBZ/ABACA
Pour financer la réouverture des bistrots dans les villages français, les Écologistes présentent ce lundi une proposition de loi visant à taxer les hypermarchés et les géants du e-commerce.

Le déclin des petits commerces frappe de plein fouet les territoires ruraux et périphériques, modifiant profondément les habitudes de consommation. Pour endiguer la disparition de ces espaces de sociabilité, plusieurs élus pointent du doigt la responsabilité des grands acteurs de la vente. Cette nouvelle stratégie politique s'attaque ainsi aux modèles économiques des grandes enseignes pour tenter de redonner vie aux communes oubliées.

Taxer les grandes surfaces pour relancer les lieux de sociabilité

La sénatrice Anne Souyris, invitée ce lundi de RMC Story, et la dirigeante écologiste Marine Tondelier ont présenté officiellement un plan d'urgence dédié à la sauvegarde des bistrots français dans La Tribune Dimanche. Cette proposition de loi inédite cible frontalement les acteurs majeurs du commerce, à savoir les hypermarchés physiques et les géants de la vente en ligne comme Amazon, souvent pointés du doigt pour leur impact sur le commerce de proximité.

Pour financer cette ambition, le texte s'appuie sur un mécanisme précis : le relèvement ciblé de la Tascom, la taxe sur les surfaces commerciales. Les sommes récoltées par ce biais serviront exclusivement à alimenter un nouveau fonds de soutien, affecté à la réouverture des débits de boissons dans les communes. Pour les élus porteurs du projet, la finalité politique consiste à inverser durablement la courbe de la désertion qui touche les campagnes.

Une chute vertigineuse de 600 000 à 34 000 cafés en un siècle

Le constat établi par les professionnels dresse un tableau sombre de la ruralité. En un siècle, la France est passée de 600 000 cafés à seulement 34 000 établissements en activité, d'après les chiffres communiqués par l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie. Cette hémorragie fragilise sévèrement le maillage territorial et le dynamisme des petites communes.

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Les élues écologistes dénoncent la prolifération de la grande distribution et l'essor fulgurant du e-commerce, perçus comme les moteurs principaux de la fermeture des petits commerces. C'est pourquoi elles ciblent la Tascom, un impôt fixé sur le chiffre d'affaires au mètre carré pour les superficies dépassant 400 mètres carrés, selon le Code des impositions. L'idée vise à ajuster ces taux pour freiner les géants et financer les petits acteurs locaux.

"Il faut taxer ceux qui détruisent le lien social pour financer ceux qui le créent", souligne Anne Souyris sur RMC Story. Le bistrot s'impose en effet comme un espace de rencontre unique. Cet enjeu est corroboré par la Fondation de France, qui alerte régulièrement sur les risques liés à l'isolement des seniors en milieu rural. "Ces 10 dernières années, le dépeuplement est complet, les gens n'habitent plus dans les villages à cause de ça, les gens restent chez eux, la solitude est là, la solitude tue et elle tue plus que le tabac et l'alcool en France, c'est une réalité épidémique relevée par l'OMS" a-t-ell insisté.

Conséquences sur les prix en rayon et retour des services locaux

Pour le consommateur et l'habitant, l'adoption de ce projet de loi pourrait bouleverser le paysage local. Le déploiement de ce fonds d'aide faciliterait la création de formats hybrides, soutenant par exemple l'ouverture d'un café-épicerie au cœur des villages. Cette redynamisation des centres-bourgs promet aux citoyens une baisse de leur dépendance à l'automobile, en rapprochant les lieux d'échange de leur domicile.

Toutefois, une telle réforme fiscale présente des risques directs pour le pouvoir d'achat. Les spécialistes du secteur alertent sur une probable répercussion de cette hausse d'impôt sur le ticket de caisse, les distributeurs risquant d'augmenter le prix du chariot de courses pour compenser la taxe.

Quant aux plateformes en ligne, la question de la collecte effective de cet impôt reste entière face à des acteurs internationaux souvent insaisissables. Le texte doit désormais franchir de nombreuses étapes législatives au sein du Parlement avant de se traduire par de véritables chantiers et de financer les premières réouvertures.

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