La fête d'anniversaire de Donald Trump est en train de virer au boycott et flop

Publié par Matthieu Chauvin
le 09/06/2026
Maison-Blanche
Istock
Photo d'illustration
Alors que Donald Trump privatise la Maison Blanche pour fêter ses 80 ans un combat de MMA, l'art martial numéro un de ces dernières années, l'événement se heurte au boycott cinglant d'Hollywood et à la colère de la justice.

Le 14 juin 2026, la pelouse de la Maison-Blanche ne ressemblera plus au siège respecté du pouvoir américain, mais à une gigantesque arène de gladiateurs modernes. Pour fêter l'anniversaire du chef de l'État, une soirée de combats libres au budget pharaonique s'installe au cœur des institutions. Un mélange des genres totalement inédit qui polarise encore un peu plus le pays, rapporte le Huff Post.

Un octogone planté à la Maison Blanche pour un événement sportif sans précédent

Pour la toute première fois de son histoire, la pelouse sud de la résidence présidentielle américaine abandonne son vernis diplomatique pour abriter l'UFC Freedom 250. Ce tournoi de MMA professionnel a été pensé sur mesure pour coïncider directement avec les 80 ans de Donald Trump. L'organisation nécessite une logistique qui défie l'imagination. Une immense structure d'acier baptisée "The Claw", pesant la bagatelle de 600 tonnes et culminant à 28 mètres de haut, altère le paysage historique des lieux.

Fier de son coup, le Président a assumé cette transformation radicale sur le réseau TikTok, comparant l'installation à un célèbre monument français. "Elle est tout à fait attrayante pour beaucoup de gens (...) peut-être que nous ne l'enlèverons jamais", a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par le magazine Forbes

Sous cette canopée de métal, 4 300 invités VIP observeront un affrontement très attendu. Le "co-main event" opposera le Français Ciryl Gane au Brésilien Alex Pereira pour ravir la ceinture intérimaire des poids lourds, un combat diffusé dans l'Hexagone sur RMC Sport, comme l'indique le site spécialisé Actu MMA.

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Le camouflet de Los Angeles illustre le rejet d'Hollywood face au Président

Si l'affiche sportive promet du spectacle, le parterre de stars attendu brille surtout par son absence. Malgré les relances personnelles et insistantes de Dana White, le puissant directeur général de l'UFC, le tapis rouge reste désespérément vide. Des icônes du grand écran comme Dwayne "The Rock" Johnson, l'humoriste Adam Sandler ou l'acteur Jared Leto ont tout simplement snobé l'événement, d'après Vanity Fair (invités, Jason Statham, le réalisateur Guy Ritchie, ou encore l’ancien quaterback de la NFL - le football américain - Tom Brady n'ont eux pas encore décidé).

Cette vague de désistements met en lumière une fracture béante. D'un côté, le monde des sports de combat maintient une loyauté aveugle envers le leader républicain. De l'autre, l'industrie du divertissement rejette massivement ce qu'elle perçoit comme une grossière instrumentalisation politique du sport. Pour combler ce vide hollywoodien, Dana White, un ami intime du Président depuis 2001, monte au front. Le dirigeant assume la facture faramineuse de la soirée, présentée sur le site officiel de l'UFC comme une "célébration de l'esprit de combat américain."

Démesure financière et batailles juridiques questionnent la légalité de la fête

La controverse déborde rapidement du simple boycott pour envahir les tribunaux. Dès le 6 juin 2026, l'association Public Integrity Project a attaqué l'organisation en justice devant le tribunal fédéral de Washington. D'après le quotidien britannique The Guardian, le collectif fustige une manœuvre "profondément corrompue". Le texte de la plainte dénonce un "accès sans entrave à la Maison-Blanche pour mettre en scène un événement sportif privé à but lucratif", assimilant le projet à un détournement pur et simple d'un monument national.

Le volet financier alimente tout autant la polémique. Le budget de production culmine à 60 millions de dollars d'après L'Equipe, soit trois fois le coût de la grandiloquente soirée UFC 306 tenue à la Sphère de Las Vegas, souligne Inc. Magazine. De nombreux citoyens s'interrogent sur la légalité d'organiser un combat générant des profits privés sur un terrain officiel, financé en partie par les ressources fédérales. 

Ce spectacle sportif et politique isole davantage le Président face aux élites culturelles du pays, tout en galvanisant sa base militante. Les retombées diplomatiques d'un tel cirque posent également question quant à l'image des États-Unis sur la scène internationale.

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