François Hollande a donné lundi son tout premier discours sur l'immigration. L'occasion pour le chef de l'Etat de piquer quelques-uns de ses adversaires à droite.
AFP

C’était un discours très attendu. Alors qu’il était resté muet sur le sujet depuis le début de son mandat, François Hollande a abordé lundi le thème de l’immigration dans un discours. Le président a en effet profité de l’ouverture du Musée de l’histoire de l’immigration pour l’évoquer mais aussi répondre à certains de ses adversaires.

Ainsi, François Hollande s’est d’abord élevé contre "les discours qui instrumentalisent la peur de la dislocation de la France" et contre "la peur sciemment installée d’une religion, l’islam, qui, d’une façon inacceptable, est présentée par certaines comme incompatible avec la République". Et même s’il a pris soin de ne citer aucun nom, de nombreux observateurs y ont vu une réponse au succès du dernier livre d’Eric Zemmour Le suicide français. Un best-seller souvent taxé de faire l'apologie de certaines idées portées par le Front National. "Une France en petit, une France en dépit, une France en repli ne serait plus la France", a également insisté le président.

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"Personne ne sait exactement ce qu’est Schenghen"Mais le polémiste n’est pas la seule personnalité à avoir été implicitement visée par François Hollande lundi. "C’est une réponse à Le Pen, à Zemmour et à une partie de la droite, dont les dirigeant se sont servis de ce thème", a commenté l’un de ses proches au Monde. "Le fait nouveau, ce sont des vents mauvais qui soufflent de plus en plus, pas seulement en France, mais partout en Europe", a en effet vivement regretté le chef de l’Etat. Appelant à "reprendre le combat", le locataire de l’Elysée s’est ensuite attaqué à ceux qui veulent "faire éclater" l’espace Schenghen : "C’est facile mais ce serait reculer, rétablir les frontières pays par pays » et mettre un terme à ce qui a « permis à tous les pays d’Europe de s’organiser pour contrôler l’immigration". Et François Hollande d’insister : "Personne ne sait exactement ce qu’est Schenghen. Peut-être que certains croient que c’est un personnage dont il faudrait rechercher au plus vite l’identité et la personnalité pour le traduire en justice".

Lors d’un discours prononcé en octobre dernier, Nicolas Sarkozy, qui était alors candidat à la présidence de l’UMP, avait estimé que "l’immigration menace notre façon de vivre". "Nous devons retrouver la maîtrise de nos frontières", avait quant à elle lancé Marine Le Pen lors d’un déplacement à Calais il y a deux mois.

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