Canicule : les Écologistes demandent la création d'un "congé climatique" de 5 jours
Alors que la France affronte des vagues de chaleur toujours plus nombreuses et intenses depuis l'année 2010, selon les relevés publiés par Météo-France, l'adaptation de notre société au changement climatique devient un enjeu politique de premier plan. Le 21 juin 2026, la secrétaire nationale Marine Tondelier a officialisé une démarche visant à bâtir un bouclier social pour les salariés.
Si la loi oblige aujourd'hui les entreprises à assurer la sécurité physique de leurs équipes, conformément à l'article L4121-1 du Code du travail, les formations de gauche estiment que ce cadre peine à répondre aux épisodes extrêmes et aux alertes rouges successives déclenchées par les préfectures sur l'ensemble du territoire.
Une pétition pour instaurer un nouveau droit face aux catastrophes
La présentation de cette pétition nationale par Marine Tondelier confirme une nouvelle stratégie dans le projet écologiste. La formation politique exige la création d'un congé exceptionnel plafonné à cinq jours par an. Ce temps de pause forcé serait rémunéré à 100 % et se déclencherait automatiquement dès la reconnaissance d'un événement météorologique majeur, qu'il s'agisse de dômes de chaleur, de feux de forêt ou de crues soudaines. Ce cadre s'activerait sur des critères stricts, comme le franchissement de certains seuils de température ou de précipitations définis par les pouvoirs publics.
Le dispositif cible en priorité les actifs de la "première ligne". Cette catégorie regroupe les ouvriers du BTP, les professionnels de l'agriculture ou encore le secteur de la livraison, dont l'activité s'effectue en extérieur sans échappatoire. La mesure intègre également une dimension familiale forte. Elle s'appliquerait aux parents obligés de rester à domicile lorsque les autorités décident de fermer par prévention les écoles maternelles et primaires.
Par cette initiative, le parti écologiste souhaite en finir avec les incertitudes d'une gestion au cas par cas, pour lui substituer un mécanisme légal indiscutable et protecteur pour l'ensemble des citoyens.
Un modèle venu d'Espagne pour corriger les failles légales
Cette revendication prend racine de l'autre côté des Pyrénées. D'après le décret-loi DANA 2024, le gouvernement espagnol a adopté en conseil des ministres, en novembre 2024, un congé climatique similaire. Cette loi a été promulguée dans l'urgence après les intempéries dévastatrices de Valence, afin de sécuriser les habitants sinistrés et les travailleurs piégés dans les zones inondables.
Sur la pétition des Écologistes, qui a recueilli un peu plus de 5 000 signatures en 24 heures, ont peut notamment lire que le parti propose : "la création d'un congé climatique jusqu'à 5 jours, pour permettre à chacun(e) de faire face à une canicule, une inondation, un incendie ou une fermeture d'école liée au climat, sans perte de revenus. Personne ne devrait risquer sa santé ou celle de ses proches simplement pour aller travailler."
Sur le territoire français, l'arsenal juridique affiche de nombreuses carences face à ces menaces. Le traditionnel droit de retrait s'avère particulièrement risqué à utiliser. Le salarié s'expose à des sanctions ou des retenues sur salaire si l'employeur conteste la notion de danger "imminent et grave". De son côté, le chômage intempéries offre bien une couverture, mais ce système demeure exclusif au domaine de la construction et des travaux publics. Il exclut de fait des millions d'employés vulnérables.
L'objectif de 150 000 signatures sera-t-il atteint ?
La proposition met la santé publique au centre des préoccupations. "Il ne faut plus que les travailleurs soient obligés de mettre leur vie en danger pour ne pas perdre une journée de salaire lors des épisodes de canicule extrême", a affirmé Marine Tondelier lors de sa conférence de presse.
L'examen de cette mesure, si la pétition recueille au moins 150 000 signatures, soulèvera la question de son financement. Le patronat redoute une charge supplémentaire pour les sociétés et l'Assurance maladie. Les écologistes, eux, rappellent que l'inaction engendre des dépenses massives, nourries par l'augmentation des accidents sur les chantiers et la flambée des arrêts maladie liés à l'épuisement thermique.
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