Candidature de Marine Le Pen : une majorité de Français s'y oppose !

Publié par Matthieu Chauvin
le 09/07/2026
Marine Le Pen
abacapress
© Abdullah Firas/ABACA
Un sondage Elabe pour BFMTV révèle que près de 60 % des Français désapprouvent la candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2027, annoncée dans la foulée de sa condamnation en appel.
 

L'actualité politique reste dominée par le coup d'éclat de la figure de proue du Rassemblement National, qui accélère son agenda électoral. Moins d'un jour après sa condamnation en appel prononcée le 7 juillet 2026, elle a profité d'une intervention télévisée très suivie pour affirmer ses ambitions élyséennes. Cette annonce précipitée se heurte toutefois à une réalité complexe, naviguant entre un net rejet populaire et des incertitudes judiciaires majeures qui menacent de bouleverser le scrutin.

Une candidature officialisée malgré le désaveu de l'opinion

Le volontarisme affiché par la députée du Pas-de-Calais rencontre d'emblée un mur solide du côté de l'opinion publique. Selon une enquête approfondie réalisée par Elabe pour BFM TV et publiée le 8 juillet 2026, 59 % des Français jugent très mauvaise sa décision de se présenter à la prochaine élection présidentielle. Ce refus massif s'observe sur une très large partie de l'échiquier politique national, ne laissant finalement que son socle électoral historique pour soutenir activement sa démarche.

Malgré ce constat sévère sur la légitimité éthique de son maintien, les enquêtes d'intentions de vote dépeignent une situation politique totalement paradoxale. Une récente étude menée par l'Ifop pour LCI continue de la placer en tête des intentions de vote pour le premier tour avec environ 36 % des voix. Cette dichotomie étonnante illustre un décalage profond entre le jugement moral porté sur sa condamnation par la justice et le bulletin glissé dans l'urne par les électeurs fidèles.

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Afin d'effacer l'image tenace d'une responsable politique récemment condamnée, elle a immédiatement investi le terrain avec un premier déplacement organisé dans la Sarthe. Face aux caméras présentes, la candidate a réaffirmé sa détermination absolue. "Ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle et je ne changerai pas d'avis. (...) Je veux aller au bout des voies de recours pour pouvoir défendre mon innocence", avait-elle martelé sur TF1 le jour même du verdict de son appel. Elle insiste lourdement sur sa volonté de ne pas laisser les magistrats décider du futur scrutin suprême à la place des citoyens français.

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Un pari juridique à haut risque suspendu à la Cour de cassation

Si cette candidature est rendue possible aujourd'hui, elle repose sur une subtilité technique de l'arrêt prononcé par la cour d'appel de Paris. Ce sursis institutionnel pourrait néanmoins s'effondrer bien plus rapidement que prévu. La candidate du RN a été sanctionné de trois années de prison, dont un an ferme aménageable sous la forme d'un bracelet électronique, ainsi que 45 mois d'inéligibilité (dont 15 mois fermes)

Fait déterminant pour son avenir politique, les juges d'appel n'ont pas assorti cette sentence d'une exécution provisoire, alors qu'elle comparaissait pour des faits relatifs au détournement de fonds publics (visés par l'article 432-15 du Code pénal). Par conséquent, l'annonce de son pourvoi en cassation suspend théoriquement et provisoirement l'application de cette lourde peine.

Cette lecture juridique fait cependant l'objet d'un très vif débat parmi les spécialistes du droit constitutionnel et pénal. Plusieurs professeurs et juristes s'appuient sur une jurisprudence méconnue datant de 1993 pour souligner une immense fragilité dans cette stratégie défensive. D'après cette règle ancienne, un pourvoi en cassation pourrait mécaniquement réactiver l'inéligibilité prononcée initialement en première instance, qui s'élevait alors à cinq ans assortis d'une exécution provisoire. Les experts se déchirent actuellement par médias interposés sur la stricte validité de cette interprétation dans le dossier actuel.

Le calendrier judiciaire impose finalement une pression sans précédent sur l'état-major du parti à la flamme. La Cour de cassation a formellement prévenu qu'elle pourrait rendre sa décision définitive avant le début du mois d'avril 2027. Si la plus haute juridiction française rejette son pourvoi avant le 18 avril, date fixée pour le premier tour de l'élection présidentielle, la peine d'inéligibilité s'appliquera de manière immédiate. Cette éviction automatique forcerait alors le mouvement à changer de candidat en urgence absolue, propulsant de fait Jordan Bardella dans la course à l'Élysée au tout dernier moment.

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