Présidentielle 2027 : Marine Le Pen exclut de faire campagne sous bracelet électronique
Invitée sur RTL ce 25 février 2026, Marine Le Pen a lié son avenir politique immédiat à sa liberté de mouvement. Elle déclare sans ambiguïté qu'elle ne sera pas candidate à l'élection présidentielle de 2027 si elle se voit contrainte de porter un bracelet électronique. Elle refuse de soumettre sa candidature à une image qu'elle juge dégradante.
"On ne peut pas faire campagne dans ces conditions. Vous pouvez faire campagne sans aller le soir rencontrer vos électeurs dans les meetings? Ça serait une autre manière de m'empêcher d'être candidate", affirme-t-elle sur l'antenne de BFMTV. Ce refus de faire campagne « sous contrainte » sonne comme un avertissement. Marine Le Pen insiste sur l'impact psychologique et médiatique d'un tel dispositif, qui transformerait chaque déplacement en rappel de sa condamnation. Elle prépare ainsi ses électeurs à une possible rupture dans la ligne du parti si la justice se montrait intransigeante sur l'aménagement de sa peine.
Des réquisitions carcérales et financières
Cette prise de parole intervient dans un contexte judiciaire explosif pour le parti à la flamme. L'affaire des assistants parlementaires du Front National au Parlement européen place Marine Le Pen au cœur de soupçons de détournement de fonds publics. Lors du procès, le parquet a décrit un « système » organisé au profit du parti. Les réquisitions sont particulièrement lourdes : 5 ans de prison, dont 2 ans ferme aménageables, ainsi que 5 ans d'inéligibilité. Une amende de 2 millions d'euros a également été requise contre le mouvement.
C'est cet aménagement de peine qui impliquerait le port d'un bracelet électronique. Selon Ouest-France, la date du délibéré est fixée au 7 juillet. Ce calendrier s'avère déterminant pour la suite. La véritable épée de Damoclès réside dans l'exécution provisoire, permise par le Code pénal. Si les juges retiennent cette option, l'inéligibilité s'appliquerait immédiatement, indépendamment d'un éventuel appel. Cette disposition juridique spécifique pourrait stopper net toute ambition pour 2027, sans possibilité de recours suspensif efficace à court terme.
L'hypothèse d'un retrait forcé
Face à ce scénario, Marine Le Pen dénonce une tentative d'élimination politique. Elle interroge l'opinion publique via RTL : « Est-ce qu’on peut imaginer un président de la République avec un bracelet électronique ? ».
Si le scénario du pire se confirmait, le Rassemblement national devrait activer un plan B dans l'urgence. La question de la succession, jusqu'ici taboue, devient pressante. Jordan Bardella, actuel président du parti, apparaît comme le recours naturel pour succéder à la figure historique, bien que Marine Le Pen demeure la candidate officielle à ce stade. Marine Le Pen affirme que Jordan Bardella ne sera « pas sous sa tutelle » et qu’il fixera lui-même la place qu’elle occupera à ses côtés. « C'est lui qui déterminera à quel niveau il a besoin de ma présence, de mes conseils, de l'expérience qui est la mienne », conclut-elle.
- La justice prend-elle une place excessive dans la vie politique ?
- Présidentielle 2027 : justice, immigration et RSA, le programme radical de Retailleau
- La candidature de Jordan Bardella en 2027 menacée par la justice ?
- Procès du RN : même sans exécution provisoire, Marine Le Pen se dit « empêchée » pour 2027