Assemblée nationale : Yaël Braun-Pivet regrette la minute de silence pour Quentin Deranque

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 27/03/2026
Yael Braun-Pivet
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Plus d'un mois après l'hommage rendu à Quentin Deranque dans l'hémicycle, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, exprime des regrets inédits face aux révélations sur le profil néonazi du jeune homme.

Le 14 février 2026, la mort d'un jeune homme de 23 ans à Lyon suscitait une forte émotion jusqu'au sommet de l'État. 

Ce drame s'est rapidement transformé en une poudrière politique à la suite de récentes publications sur le passé numérique de la victime. La chambre parlementaire se retrouve aujourd'hui fragilisée par cet hommage précipité.

Une erreur de jugement admise sur Sud Radio

Invitée le mercredi 25 mars 2026 sur les ondes de Sud Radio, la présidente de l’Assemblée nationale a affirmé qu’« on peut regretter » la minute de silence observée le 17 février en hommage à Quentin Deranque

Cette prise de parole rare acte une défaillance dans le processus d'hommage. Selon la présidente, la décision de se recueillir n'aurait probablement pas été la même si les parlementaires avaient eu connaissance du profil réel du défunt. 

Yaël Braun-Pivet, qui déclarait sur la chaîne LCI le 17 février que « personne ne devrait mourir pour ses idées », nuance ses propos en insistant sur le décalage entre la perception initiale de la victime et la réalité de ses convictions politiques. La présidente met en lumière les conséquences d'une décision prise sous l'effet de la précipitation.

De la victime sans histoire au militant néonazi

Quentin Deranque a succombé de ses blessures le 14 février 2026, des suites d'une rixe violente survenue deux jours plus tôt à Lyon, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan

D'après les informations communiquées par le Parquet de Lyon, neuf personnes ont été mises en examen pour homicide volontaire et placées en détention provisoire. À la suite de ce décès, l'Assemblée observe le 17 février une minute de silence sur proposition d'Éric Ciotti, du groupe UDR. 

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La démarche obtient l'accord unanime des onze présidents de groupe parlementaire. À cet instant, la droite présente la victime comme un étudiant catholique sans histoire. La situation bascule au début du mois de mars 2026. 

Une enquête menée par le média Mediapart met en lumière trois comptes sur le réseau X attribués au jeune homme, recensant des milliers de messages haineux. 

Les publications exhumées révèlent une extrême violence verbale, comprenant des affirmations explicites telles que « je soutiens Adolf », confirmant son adhésion aux thèses de la mouvance néonazie.

Un profond malaise institutionnel et politique

Cet enchaînement de faits provoque une remise en question des procédures encadrant les hommages nationaux. Yaël Braun-Pivet pointe la difficulté d'arbitrer sous la pression de l'émotion et face à l'insistance des différents groupes de l'hémicycle. 

L'affaire déclenche un affrontement frontal entre les camps politiques. Par le biais d'un communiqué, le député Pouria Amirshahi dénonce une « déchéance morale ». En parallèle, la gauche accuse la droite et l'extrême droite de récupération électorale à l'approche des scrutins municipaux de 2026. 

L'implication de deux assistants parlementaires du député LFI Raphaël Arnault parmi les suspects mis en examen nourrit les attaques et complexifie le dossier. L'événement illustre la porosité grandissante entre l'actualité judiciaire et l'arène politique. 

L'urgence d'attendre la vérification des faits avant d'engager la représentation nationale s'impose, dans un climat de tensions extrêmes entre l'ultra-droite et l'ultra-gauche.

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